Le front « Touche Pas à Ma Constitution », a déposé un recours pour abus de pouvoir auprès de la Chambre administrative de la Cour suprême du Togo. Ce recours conteste l’interdiction du ministre de l’Administration Territoriale à la Journée de Prière et de Solidarité organisée à Sokodé en faveur des détenus politiques, dénonçant une violation des libertés publiques et une discrimination dans l’application des droits de manifestation.
Le front “Touche Pas à Ma Constitution”, qui regroupe la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), le parti Les Démocrates et le Parti des Togolais, réagit suite à l’interdiction le 20 septembre 2024, à Sokode, par le ministre de l’Administration territoriale, le Colonel Hodabalo Awate, de la « journée de prière et de solidarité en faveur des détenus politiques ». Une manifestation qui avait pour but de remettre de kits de matériels scolaires aux familles de prisonniers politiques.
Dans son recours, il souligne que l’interdiction ministérielle constitue une « entrave injustifiée à la liberté, constitutionnellement garantie, de réunion et de manifestation pacifique publique ». Le Front indique que le Colonel Hodabalo Awate n’a pas fourni de «justification circonstanciée et précise motivant son refus», se limitant à des considérations générales sur la « tranquillité publique ». Il explique que l’initiative du 20 septembre visait uniquement à offrir un « soutien moral aux détenus politiques et à leurs familles, notamment par la distribution de kits scolaires aux enfants des détenus ». Des initiatives similaires ont également eu lieu à Lomé le 16 septembre sans le moindre trouble à « la tranquillité publique » évoqué par le colonel Hodabalo Awate.
Le front dénonce le fait que ce même 20 septembre à Sokodé, le parti au pouvoir, par l’entremise d’un ministre, a tenu dans la même ville de Sokodé et le même jour du20 septembre 2024, une manifestation au cours de laquelle des kits scolaires ont été distribués.
Il interpelle les magistrats sur leur rôle de rempart aux abus de pouvoir. Le front interpelle également les autorités du pays sur le respect des libertés publiques et pour une résolution pacifique des tensions politiques, gages d’une démocratie vivante et apaisée. Et appelle la population togolaise à la vigilance pour protéger ses libertés et sa souveraineté.
La Rédaction

