L’histoire judiciaire de Timothy Omotoso, pasteur nigérian et fondateur de l’église Jesus Dominion International (JDI), semble loin d’être close. Acquitté en avril après huit années d’emprisonnement pour de lourdes accusations de viol, d’exploitation sexuelle et de traite d’êtres humains, il a été de nouveau arrêté ce samedi à East London, en Afrique du Sud — cette fois pour violations présumées de la loi sur l’immigration.
Selon la police sud-africaine, Omotoso a été appréhendé juste après avoir célébré une messe. « Il sera accusé de violations de la loi sur l’immigration et comparaîtra devant le tribunal lundi », a déclaré Fannie Masemola, commissaire de police nationale.
Omotoso avait été initialement arrêté en 2017. Le dossier de l’accusation comptait 32 chefs d’inculpation, notamment pour viols en série sur de jeunes femmes — certaines mineures — issues de sa congrégation. L’affaire avait provoqué une onde de choc dans un pays gangrené par les violences sexuelles.
Mais en avril 2024, la Haute Cour du Cap-Oriental a acquitté le pasteur et deux de ses assistantes. La juge Irma Schoeman avait alors sévèrement critiqué la faiblesse du dossier de l’accusation, estimant que les preuves présentées ne permettaient pas d’établir la culpabilité des accusés au-delà de tout doute raisonnable.
Cette décision avait indigné une large partie de l’opinion publique sud-africaine, dans un contexte où les violences sexuelles atteignent des sommets alarmants. Plus de 42 500 viols ont été signalés entre 2023 et 2024 dans le pays — soit plus de 116 par jour, selon les données officielles de la police.
Le retour d’Omotoso devant la justice — même pour une affaire d’immigration — soulève à nouveau des interrogations sur les failles systémiques du système judiciaire. Nombre de Sud-Africains s’interrogent : comment un homme accusé d’abus aussi graves a-t-il pu être libéré faute de preuves ? Et pourquoi les services de l’immigration n’ont-ils pas agi plus tôt ?
Cette nouvelle arrestation résonne donc comme un rappel brutal : dans une société où l’impunité semble parfois régner, chaque faux pas des institutions peut renforcer la défiance et affaiblir un peu plus la confiance dans l’État de droit.
La Redaction

