À la veille des mobilisations annoncées contre la présence migrante, la peur d’une nouvelle vague de violences xénophobes paralyse une partie des résidents étrangers. Dans plusieurs grandes villes, des dizaines de familles se regroupent devant les bâtiments officiels, faute d’alternative perçue comme sûre.
JOHANNESBURG — La tension s’accentue en Afrique du Sud à quarante-huit heures d’une journée de mobilisation à haut risque. Les appels à manifester lancés par des groupes hostiles à l’immigration ont rapidement provoqué un climat d’inquiétude au sein des communautés étrangères, déjà marquées par des épisodes de violences passés dans certaines villes comme Durban.
Les zones institutionnelles transformées en refuges
Le phénomène de déplacement préventif s’intensifie à mesure que l’échéance approche. À Durban et dans d’autres centres urbains, des migrants ont quitté leur logement pour s’installer aux abords des bureaux du ministère de l’Intérieur (Department of Home Affairs), perçus comme des espaces de relative protection.
Cette situation met en évidence une réalité préoccupante : la détention de documents administratifs ne constitue plus une garantie de sécurité. Face aux risques de débordements, statut légal et sécurité effective apparaissent désormais dissociés.
« J’ai mes papiers, mais cela ne suffit pas. Nous ne pouvons pas rentrer chez nous. Nous cherchons simplement un endroit sûr pour vivre », confie un migrant sous couvert d’anonymat.
L’État sous pression
Pour les représentants des communautés étrangères, l’inquiétude grandit à l’approche des mobilisations. Ils appellent les autorités à renforcer la protection des populations vulnérables et à prévenir tout incident.
« Nous ne nous sentons pas en sécurité. Il y a beaucoup d’incertitudes et nous demandons simplement que les autorités assurent leur rôle de protection », explique Gérard Itablo, porte-parole d’un groupe de migrants installé près d’un centre d’accueil.
Du côté des autorités sud-africaines, des dispositifs de sécurité renforcés ont été annoncés autour des zones sensibles et des lieux de rassemblement. Le gouvernement affirme vouloir contenir tout débordement et répondre rapidement à toute situation de violence.
Un climat toujours fragile
Malgré ces annonces, les inquiétudes persistent. Dans un pays où les tensions xénophobes ont déjà conduit par le passé à des violences localisées, de nombreux observateurs redoutent une résurgence des affrontements à l’occasion des mobilisations prévues.
La Rédaction

