Nourrir une population croissante ne sera qu’une partie de l’équation. L’agriculture africaine doit simultanément créer des emplois, attirer davantage de capitaux et s’adapter à des conditions climatiques de plus en plus difficiles. C’est autour de cette équation économique que s’ouvre, ce lundi 31 août à Kigali, le Forum africain sur les systèmes alimentaires (AFS Forum), qui se poursuivra jusqu’au 4 septembre.
Décideurs publics, investisseurs, chercheurs, entrepreneurs et jeunes innovateurs sont attendus dans la capitale rwandaise autour du thème « Investir dans les systèmes agroalimentaires africains : nourrir les nations, créer des emplois, renforcer la résilience ».
Faire de l’alimentation une économie
L’enjeu dépasse désormais la seule production agricole. De la ferme jusqu’au consommateur se déploie toute une économie : transformation, stockage, transport, distribution, financement, technologies agricoles et services numériques.
C’est précisément cette chaîne que le Forum entend placer au centre des investissements. Pour l’Afrique, développer les systèmes agroalimentaires signifie donc autant produire davantage que conserver localement une plus grande part de la valeur créée.
La question de l’emploi y occupera une place centrale. Chaque année, des millions de jeunes arrivent sur le marché du travail africain. Agriculture moderne, agro-industrie, logistique ou technologies appliquées aux exploitations peuvent constituer des gisements d’activité, à condition que les investissements et les infrastructures suivent.
Produire davantage dans un environnement plus contraignant
Cette transformation doit cependant intervenir alors que les contraintes s’accumulent. Changement climatique, dégradation des sols, pression démographique et volatilité des marchés internationaux fragilisent des systèmes alimentaires déjà confrontés à d’importants besoins de financement.
La résilience devient ainsi une question économique autant qu’alimentaire. Investir dans l’irrigation, les semences adaptées, le stockage, la transformation locale ou les outils numériques peut permettre de réduire certaines pertes tout en améliorant la productivité et les revenus.
Kigali face à la question décisive du financement
Au fil de ses éditions, l’AFS Forum est devenu l’un des principaux espaces de dialogue consacrés à la transformation des systèmes alimentaires africains. Mais l’enjeu de Kigali sera moins d’établir une nouvelle liste de défis que de rapprocher les projets africains des capitaux capables de les financer.
Car derrière les discussions sur la sécurité alimentaire se trouve une question beaucoup plus large : quelle part de la richesse créée entre la production agricole et l’assiette du consommateur peut rester sur le continent ?
Du 31 août au 4 septembre, Kigali tentera d’apporter des réponses. Pour l’agriculture africaine, le défi n’est plus seulement de nourrir davantage. Il est aussi de devenir une industrie capable de transformer, d’employer et de créer de la valeur à grande échelle.
La Rédaction
Sources : Africa Food Systems Forum (AFS Forum) ; informations officielles de l’édition 2026.

