En République centrafricaine, la dégradation des routes constitue un obstacle majeur à la circulation des personnes, des marchandises et de l’aide humanitaire. En réhabilitant plusieurs axes stratégiques, les ingénieurs militaires de la MINUSCA contribuent à rétablir les échanges entre des localités longtemps difficiles d’accès. Une dimension concrète du maintien de la paix, dont les effets dépassent les opérations de sécurité.
Pendant près de trois semaines, des camions chargés de marchandises, de carburant et d’aide humanitaire sont restés immobilisés sur l’axe Ippy–Bambari, dans le centre de la République centrafricaine. La dégradation de la chaussée empêchait leur progression, perturbant l’approvisionnement des localités desservies. L’intervention des ingénieurs militaires cambodgiens de la MINUSCA a finalement permis de rétablir la circulation.
Cet épisode illustre une difficulté persistante dans plusieurs régions centrafricaines : l’état des infrastructures routières peut suffire à interrompre les échanges économiques et à compliquer l’assistance aux populations. Dans un pays marqué par des années d’insécurité, le désenclavement représente ainsi un enjeu essentiel de stabilisation.
Des axes routiers essentiels à la vie locale
Sur la liaison Grimari–Sibut, les équipes cambodgiennes ont également entrepris la réhabilitation d’un tronçon d’environ 120 kilomètres, dont la largeur a été portée jusqu’à neuf mètres. Auparavant, les pluies rendaient cette route particulièrement difficile à emprunter.
Selon la MINUSCA, ces aménagements facilitent désormais les déplacements des habitants, des commerçants et des services essentiels. Pour les producteurs agricoles, de meilleures voies de communication permettent d’atteindre les marchés. Elles réduisent également les obstacles rencontrés par les familles pour rejoindre les établissements scolaires et les centres de santé.
Les travaux sont conduits notamment par le lieutenant-colonel Yann Makar et le capitaine Pisey Po, deux officiers du génie cambodgien déployés en Centrafrique depuis juillet 2025.
Quand les infrastructures rapprochent les communautés
Au-delà des réalisations techniques, les interventions favorisent les contacts entre les Casques bleus et les populations. Les deux officiers rapportent que des habitants ont spontanément proposé leur aide sur certains chantiers, témoignant de l’importance accordée localement à la réouverture des voies de communication.
Cette coopération nourrit une autre dimension du maintien de la paix : restaurer progressivement la confiance entre les communautés et les acteurs chargés de leur protection.
Toutefois, la remise en état d’une route ne suffit pas à garantir durablement la sécurité des déplacements. Sa préservation dépend également de l’entretien des infrastructures, de la sécurité des axes et de la capacité des autorités nationales à assurer la continuité des services publics.
L’expérience centrafricaine rappelle ainsi que la stabilisation d’un territoire ne repose pas uniquement sur les accords politiques et les dispositifs militaires. Elle se mesure également à la possibilité, pour ses habitants, de circuler, de travailler et d’accéder aux services indispensables sans que l’isolement géographique ne compromette leur quotidien.
La Rédaction

