De la zone côtière aux territoires septentrionaux, les conditions climatiques et les besoins de restauration des écosystèmes diffèrent considérablement. Pour mieux orienter ses interventions environnementales, le Togo s’appuie désormais sur une sélection scientifique de 28 espèces végétales prioritaires. Une démarche qui pourrait modifier la conception des programmes de reboisement, en accordant davantage d’importance à l’adaptation des arbres aux territoires et aux besoins des populations.
Une sélection végétale adaptée aux territoires
La plateforme ConAdapt-CC-Togo, développée avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Fonds vert pour le climat, rassemble des connaissances destinées à guider les choix des pépiniéristes, des producteurs et des responsables de projets environnementaux.
Le travail scientifique a permis d’identifier 28 espèces prioritaires, avec une sélection moyenne de 12 à 15 espèces adaptées selon les régions ou les zones écologiques.
Cette différenciation répond aux contraintes propres aux territoires : sécheresse, températures élevées, inondations ou dégradation des sols. Elle doit permettre d’orienter les plantations vers des espèces capables de remplir durablement leurs fonctions écologiques et économiques.
Au-delà des arbres, des pratiques de résilience
L’initiative ne se limite pas au patrimoine végétal. Une cinquantaine de pratiques d’adaptation ont été recensées, dont 25 retenues comme particulièrement pertinentes.
Elles comprennent notamment les ceintures végétales destinées à atténuer la chaleur, les aménagements contre l’érosion des sols, la gestion de l’eau et certaines activités associant biodiversité et revenus locaux, comme l’apiculture.
Le projet accorde également une place aux connaissances traditionnelles. Les appellations des plantes dans plusieurs langues africaines doivent contribuer à rendre les informations botaniques plus accessibles aux communautés.
Transformer la recherche en décisions locales
Pour les collectivités, les organisations agricoles et les acteurs du reboisement, cette base de connaissances ouvre la possibilité de mieux cibler les interventions et d’en apprécier la pertinence écologique.
Son efficacité dépendra toutefois de sa diffusion auprès des utilisateurs, de l’actualisation des données et de leur traduction en recommandations pratiques.
L’enjeu est désormais de rapprocher les décisions environnementales des réalités du terrain. Car la réussite d’une politique de restauration végétale se mesure aussi à la survie des plantations, à la régénération des sols et aux bénéfices durables pour les communautés.
La Rédaction

