En Afrique du Sud, les difficultés financières dépassent désormais la seule question du pouvoir d’achat. Une enquête révèle que, toutes générations confondues, l’endettement et les tensions budgétaires figurent parmi les principales causes de détérioration du bien-être psychologique. Mais le coût des consultations et la stigmatisation empêchent encore de nombreuses personnes de rechercher une aide spécialisée.
En Afrique du Sud, les fins de mois difficiles pèsent aussi sur la santé mentale. Selon une enquête du groupe hospitalier privé Mediclinic, publiée récemment, entre 59 % et 66 % des personnes interrogées, selon leur génération, désignent les pressions financières comme le principal facteur affectant leur équilibre psychologique.
Réalisée dans cinq provinces, dont le Gauteng et le KwaZulu-Natal, l’étude met en évidence une préoccupation commune aux différentes classes d’âge. Ses résultats concernent toutefois les participants interrogés et ne constituent pas une mesure exhaustive de l’ensemble de la population sud-africaine.
Quand le salaire ne suffit plus à vivre
La hausse des dépenses courantes, notamment l’électricité, les transports et le remboursement des crédits, réduit les marges financières des ménages.
Selon National Debt Advisors, les 109 425 personnes ayant engagé une procédure de restructuration de dettes auprès de l’organisme depuis 2014 présentaient un endettement moyen de 174 787 rands, pour un revenu mensuel brut moyen de 15 737 rands.
Ces chiffres illustrent le poids des remboursements sur les ménages surendettés, sans être représentatifs de tous les emprunteurs sud-africains.
Cette pression permanente peut affecter le sommeil, les relations familiales et la capacité à se projeter dans l’avenir.
Des soins psychologiques encore difficiles d’accès
L’enquête Mediclinic révèle également que 45 % des répondants n’ont jamais consulté de professionnel de santé mentale. Le coût des soins et les préjugés constituent des obstacles importants.
Si les jeunes générations se montrent davantage disposées à rechercher une assistance, plus d’un tiers des personnes interrogées appartenant à la génération Z redoutent le jugement de leur entourage.
Chez les générations plus âgées, les réticences persistent : 32 % des répondants de la génération X et 34 % des baby-boomers associent encore les troubles mentaux à une forme de faiblesse.
Une question de santé publique autant qu’économique
Ces résultats soulignent l’interdépendance entre stabilité financière et bien-être psychologique. Ils montrent également les limites d’une réponse reposant uniquement sur les consultations médicales.
Pour améliorer durablement la situation, l’accès aux soins doit s’accompagner de mesures contre le surendettement et d’un soutien aux ménages fragilisés.
En Afrique du Sud, la santé mentale apparaît ainsi comme un révélateur supplémentaire des difficultés économiques vécues au quotidien.
La Rédaction

