Une étude publiée dans Nature Climate Change révèle que certains épisodes de fortes précipitations pourraient devenir nettement plus fréquents en Afrique australe. Sous un scénario de réchauffement élevé, un phénomène climatique autrefois observé tous les 22 ans pourrait survenir environ tous les dix ans, avec des pluies plus intenses.
En Afrique australe, le changement climatique pourrait modifier profondément la fréquence des épisodes de précipitations exceptionnelles. Une étude publiée le 20 octobre 2026 dans Nature Climate Change montre que le déplacement inhabituel vers le sud d’une importante zone de convergence atmosphérique pourrait devenir plus fréquent au cours du XXIe siècle.
Ce phénomène influence la répartition des pluies sur plusieurs pays, notamment le Mozambique, le Zimbabwe, la Zambie, le Botswana et l’Afrique du Sud. Son évolution pourrait accroître les risques d’inondations et de pertes agricoles.
Une bande pluvieuse qui se déplace davantage
Les chercheurs ont étudié la zone de convergence du sud de l’océan Indien, un système atmosphérique qui organise une partie des précipitations régionales.
En comparant les observations climatiques reconstituées depuis 1960 aux simulations de 43 modèles internationaux, ils ont identifié 20 modèles reproduisant suffisamment bien son fonctionnement.
Leurs résultats indiquent qu’en cas d’émissions élevées de gaz à effet de serre, les déplacements extrêmes vers le sud pourraient passer d’un épisode tous les 22 ans au XXe siècle à un tous les dix ans au XXIe siècle.
L’intensité des précipitations associées augmenterait parallèlement d’environ 20 %.
Le réchauffement modifie la circulation atmosphérique
Cette évolution résulterait de plusieurs mécanismes combinés. Le continent africain se réchaufferait plus rapidement que les océans voisins, modifiant les contrastes thermiques et la circulation des vents.
Le déplacement des vents d’ouest favoriserait également un transport accru d’humidité depuis l’Atlantique, alimentant les systèmes pluvieux lorsqu’ils atteignent certaines régions australes.
Des conséquences possibles pour l’agriculture
Une augmentation de ces épisodes pourrait fragiliser les cultures, endommager les infrastructures et compliquer la gestion des ressources hydriques.
Les chercheurs soulignent toutefois que ces résultats constituent des projections climatiques, non des prévisions d’inondations à des dates précises. Leur ampleur dépend notamment des futures émissions mondiales.
Pour les pays concernés, l’étude renforce l’intérêt d’améliorer les systèmes d’alerte, l’aménagement des zones inondables et la préparation des exploitations agricoles aux précipitations exceptionnelles.
La Rédaction

