Deux injections par an pour réduire considérablement le risque de contracter le VIH : le lénacapavir représente une avancée majeure dans la prévention de l’infection. En Ouganda, son déploiement suscite un vif intérêt, notamment parmi les populations les plus exposées. Mais les ruptures d’approvisionnement et la réduction des financements freinent son accès.
À Mbarara, dans l’ouest de l’Ouganda, une innovation médicale transforme les attentes des personnes exposées au VIH. Le lénacapavir, médicament préventif injectable administré tous les six mois, offre une alternative aux comprimés quotidiens. Son efficacité, démontrée dans deux essais cliniques majeurs, a conduit l’Organisation mondiale de la santé à recommander son utilisation en juillet 2025.
Mais cette avancée se heurte à une difficulté concrète : les doses disponibles restent insuffisantes pour répondre à la demande.
Une protection attendue par les populations exposées
Le lénacapavir suscite notamment l’intérêt des travailleuses du sexe, pour lesquelles la prise quotidienne de médicaments peut être compliquée par les contraintes professionnelles et la stigmatisation.
À Mbarara, Lisa Mutoni, travailleuse du sexe rwandaise installée en Ouganda, souhaiterait bénéficier de cette nouvelle prévention. Faute de disponibilité, elle utilise le cabotégravir, un autre médicament injectable administré tous les deux mois.
Cette situation illustre le décalage entre les progrès scientifiques et leur accessibilité dans les structures sanitaires.
Les financements fragilisent la prévention
La pénurie intervient alors que plusieurs programmes communautaires subissent des réductions budgétaires. Les campagnes de dépistage et les interventions de proximité, essentielles pour atteindre les personnes éloignées des établissements de santé, sont particulièrement affectées.
Immaculate Nyamwija, responsable d’une organisation communautaire à Mbarara, souligne que ces difficultés retardent le recours aux services de prévention et de dépistage.
Dans cette région où la prévalence du VIH avoisine 10 %, maintenir ces dispositifs demeure une priorité sanitaire.
Une disponibilité plus large attendue en 2027
Les États-Unis et le Fonds mondial ambitionnent de faciliter l’accès au lénacapavir pour trois millions de personnes d’ici fin 2028. L’arrivée des premières versions génériques, attendue fin 2026, pourrait contribuer à augmenter les approvisionnements, avec une diffusion plus importante envisagée en 2027.
Cependant, la réussite de cette stratégie dépendra aussi du financement des services de santé, du dépistage et du suivi médical.
En Ouganda, le défi n’est donc plus seulement de disposer d’un médicament efficace, mais de garantir son accès régulier aux personnes qui en ont besoin.
La Rédaction

