Les amphithéâtres de l’Université de Lomé ont retrouvé leurs étudiants depuis le lundi 19 octobre, marquant le début de l’année académique 2026-2027. Mais derrière cette reprise se dessine un chantier plus ambitieux : transformer les méthodes d’apprentissage, renforcer la professionnalisation des formations et préparer les diplômés aux exigences d’un marché du travail en pleine évolution.
À l’Université de Lomé, la rentrée ne se résume plus au retour des cours magistraux. L’établissement poursuit sa transition vers un modèle pédagogique associant enseignements en présentiel et à distance, avec une ambition désormais affirmée : faire du numérique un véritable instrument de formation plutôt qu’un simple moyen de dispenser les cours.
Pour le semestre Harmattan, programmé du 19 octobre 2026 au 23 janvier 2027, les établissements sont répartis en deux groupes alternant les périodes de présence sur le campus et les enseignements sur la plateforme numérique. Chaque groupe doit bénéficier de six semaines de cours en présentiel.
Des diplômes davantage tournés vers les compétences
Cette organisation accompagne une transformation plus profonde des contenus pédagogiques. L’Université entend progressivement privilégier l’approche par compétences, qui vise à dépasser la seule acquisition de connaissances théoriques pour développer des aptitudes mobilisables dans des situations professionnelles.
Une semaine pédagogique, organisée à partir du 12 octobre, a notamment permis aux enseignants de travailler sur l’intégration de cette approche dans les formations hybrides.
L’objectif est de mieux articuler cours théoriques, exercices pratiques, travaux collaboratifs et évaluations, tout en renforçant l’autonomie des étudiants.
L’employabilité au centre des réformes
Ces orientations s’inscrivent dans le Plan stratégique 2024-2030 de l’institution. Celui-ci prévoit une modernisation de la gouvernance, une amélioration de la qualité des enseignements et une adaptation progressive des cursus aux besoins économiques.
Parmi les pistes déjà annoncées figurent le développement de nouvelles filières, le renforcement des formations de master et une meilleure prise en compte des compétences liées à l’intelligence artificielle.
Le président de l’Université, Kossivi Hounaké, appelle l’ensemble de la communauté universitaire à accompagner cette évolution. « Le rayonnement de notre Université dépendra de notre capacité à œuvrer ensemble », a-t-il rappelé dans son message de rentrée.
Le défi de la mise en œuvre
La réussite de cette transformation dépendra notamment de l’accès effectif aux ressources numériques, de l’accompagnement pédagogique et de la capacité des enseignants à adapter leurs méthodes.
Pour les étudiants, l’enjeu est tout aussi concret : bénéficier de formations dont les acquis peuvent être valorisés au-delà de l’université.
Cette rentrée ouvre ainsi une nouvelle étape pour l’établissement. Le véritable indicateur de réussite ne sera pas seulement la modernisation des dispositifs, mais la qualité des compétences acquises et leur utilité dans la vie professionnelle.
La Rédaction

