Sept ans après les engagements pris pour réorganiser le secteur public de la santé, une question demeure : pourquoi les réformes promises aux personnels hospitaliers peinent-elles à se concrétiser ? En interpellant de nouveau le ministère de la Santé, le SYNPHOT ne soulève pas seulement un contentieux salarial. Il met en cause la lenteur d’une transformation dont dépendent aussi les conditions d’accueil et de prise en charge des patients.
Un accord social peut mettre fin à une crise sans pour autant résoudre les problèmes qui l’ont provoquée. Dans les hôpitaux togolais, les conclusions des travaux menés en 2018 et 2019 continuent ainsi de nourrir les revendications des professionnels de santé.
Le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) vient de rappeler au gouvernement ses engagements. Derrière cette démarche se dessine une difficulté plus profonde : celle de faire passer les décisions négociées du cadre administratif à la réalité quotidienne des établissements.
Une réforme hospitalière restée en suspens
La création effective d’une fonction publique hospitalière figure parmi les principales demandes du syndicat. Cette réforme touche à l’organisation même des carrières, aux statuts professionnels et à la reconnaissance des contraintes propres aux métiers de la santé.
La question des primes de risque et de contagion révèle une autre dimension du problème. Les soignants exercent dans un environnement où l’exposition aux maladies infectieuses et les exigences de continuité du service imposent des responsabilités particulières.
Le SYNPHOT réclame également l’application des dispositions négociées sur les rémunérations et les statuts. À ce stade, aucun bilan détaillé de l’exécution des accords n’est fourni dans les éléments rendus publics.
Quand les difficultés des soignants atteignent les patients
Le manque d’effectifs constitue l’autre point sensible. Sans recrutements suffisants, la pression sur les équipes peut affecter l’organisation des gardes, allonger les délais de prise en charge et fragiliser la continuité des soins.
Cette dimension donne au dossier une portée qui dépasse les intérêts professionnels. Améliorer les conditions d’exercice des agents participe aussi au fonctionnement des services dont dépend la population.
Le dialogue social face à l’épreuve des résultats
Le secrétaire général du SYNPHOT, Gilbert Tsolényanu, appelle désormais les personnels à rester mobilisés. Le syndicat évoque de prochaines actions sans en préciser la nature ni le calendrier.
La question centrale porte donc sur la suite que les autorités entendent donner aux engagements antérieurs. Un état des lieux public, assorti d’échéances et de responsabilités clairement établies, permettrait de distinguer les mesures déjà appliquées de celles qui attendent encore leur traduction concrète.
Pour les hôpitaux togolais, l’enjeu est désormais moins de multiplier les promesses que de restaurer la confiance dans leur exécution.
La Rédaction

