Une semence contaminée ou un équipement agricole transportant des organismes nuisibles peut menacer des cultures bien au-delà de son point d’entrée. Au Togo, la modernisation des permis d’importation répond à un double objectif : protéger la production nationale et simplifier les démarches des opérateurs économiques. Avec le futur dispositif « ePermis », les contrôles administratifs doivent gagner en rapidité et en traçabilité.
L’importation de semences, de pesticides et de certains matériels agricoles d’occasion nécessite aujourd’hui une autorisation délivrée selon une procédure essentiellement papier. Pour les entreprises, cette organisation implique des déplacements et des délais de traitement. Pour l’administration, elle complique parfois le suivi des dossiers et la circulation des informations.
Afin de moderniser ce dispositif, le Togo bénéficie d’un appui de l’Union européenne et de la coopération allemande (GIZ). Le projet, doté de plus de 450 000 euros, soit environ 295 millions de FCFA, prévoit la création d’une plateforme numérique opérationnelle dans un délai d’environ un an.
Simplifier les démarches sans affaiblir la vigilance sanitaire
Avec « ePermis », les importateurs pourront déposer leurs demandes en ligne, suivre leur progression et obtenir les autorisations sans multiplier les déplacements. Les services compétents disposeront également d’un outil facilitant le partage des informations et la traçabilité des décisions.
L’enjeu dépasse toutefois la dématérialisation des formulaires. Certains produits agricoles importés peuvent introduire des insectes ravageurs, des agents pathogènes ou d’autres organismes susceptibles d’affecter les cultures locales.
Les semences nécessitent ainsi une surveillance particulière, tandis que les équipements d’occasion peuvent transporter de la terre ou des résidus végétaux contaminés. La modernisation administrative devra donc s’accompagner du maintien des inspections et vérifications sanitaires nécessaires.
Une étape supplémentaire dans la modernisation agricole
L’importance de ces contrôles apparaît dans les volumes concernés. Selon le ministère de l’Agriculture, le Togo a importé environ 92 000 tonnes de végétaux en 2024, dont 60 000 tonnes de semences. En 2025, les importations végétales déclarées représentaient 47 000 tonnes.
Ces flux soulignent la nécessité de disposer de procédures fiables, capables de concilier fluidité commerciale et prévention des risques phytosanitaires.
Le pays a déjà engagé la dématérialisation des certificats phytosanitaires à l’exportation. Le futur « ePermis » doit désormais étendre cette évolution aux autorisations d’importation.
Sa réussite dépendra de la fiabilité de la plateforme, de la formation des agents et de son accessibilité aux entreprises. La réduction des délais constituera un progrès, à condition qu’elle ne se traduise pas par un relâchement des contrôles.
Pour le Togo, l’objectif est donc de construire une administration agricole plus efficace, capable de faciliter les échanges tout en empêchant que les marchandises importées deviennent une menace pour les productions nationales.
La Rédaction
Sources : ministère de l’Agriculture du Togo ; Union européenne ; coopération allemande (GIZ).

