À Rome, un congrès international consacré à la fertilité et à l’infertilité réunira chercheurs, médecins et responsables de l’Église du 16 au 18 octobre 2026. Léon XIV doit donner une impulsion particulière à cette rencontre en recevant les participants au Vatican. Entre avancées médicales, prévention de l’infertilité et interrogations éthiques, l’événement entend réfléchir à la manière d’accompagner les couples tout en préservant la dignité humaine.
La fertilité humaine ne relève pas uniquement de la médecine. Elle engage également des questions sociales, familiales et éthiques, particulièrement dans un contexte où les progrès scientifiques multiplient les possibilités d’intervention sur la reproduction. C’est autour de cette réalité que se tiendra, au siège romain de l’Université catholique du Sacré-Cœur, le congrès international « La splendeur de l’humain : préserver la fertilité, traiter l’infertilité ».
Organisée à l’occasion du 25e anniversaire de l’Institut scientifique international Paul VI et des cinquante ans du Centre pour la régulation naturelle de la fertilité, cette rencontre réunira plusieurs disciplines autour d’une interrogation commune : comment faire progresser la connaissance et la prise en charge de l’infertilité sans réduire la procréation à sa seule dimension technique ?
La médecine face aux difficultés de la procréation
L’infertilité constitue un enjeu de santé publique qui dépasse les seules situations individuelles. Selon les estimations publiées par l’Organisation mondiale de la Santé en 2023, environ une personne sur six dans le monde connaît une infertilité au cours de sa vie. Derrière cette réalité se trouvent des parcours médicaux parfois longs, des difficultés psychologiques et des obstacles financiers qui compliquent l’accès aux soins.
Le congrès entend notamment examiner les moyens de mieux comprendre la fertilité des couples, de renforcer la prévention et d’améliorer la santé avant la conception. Ces approches concernent aussi bien les facteurs médicaux que les conditions générales susceptibles d’influencer la santé reproductive.
Quatre sessions structureront les échanges, autour de la transmission de la vie, de la connaissance de la fertilité du couple, de la prévention de l’infertilité et de la préservation de l’humain dans une société marquée par l’expansion technologique.
Préserver la personne dans les progrès scientifiques
Au-delà des questions cliniques, les organisateurs souhaitent ouvrir une réflexion sur la place accordée à la personne humaine dans les pratiques médicales. Les innovations en matière de reproduction soulèvent en effet des interrogations sur les limites de l’intervention technique, le respect des patients et la manière d’accompagner les couples confrontés à des difficultés de conception.
La dernière session, consacrée à la préservation de l’humain entre « hypertechnologie et culture du rejet », illustre cette préoccupation. Elle invite à réfléchir aux conséquences d’une médecine qui pourrait être évaluée uniquement à partir de ses performances, sans accorder une attention suffisante aux dimensions relationnelles et éthiques de la procréation.
Dans cette perspective, le congrès cherchera à faire dialoguer les connaissances scientifiques avec l’anthropologie chrétienne. Cette démarche s’inscrit dans l’enseignement catholique sur la dignité de la vie humaine, tout en ouvrant des discussions sur les pratiques de prévention et d’accompagnement médical.
Une rencontre placée sous le regard de Léon XIV
Le programme prévoit une ouverture spirituelle et institutionnelle. Le cardinal Matteo Zuppi, président de la Conférence épiscopale italienne, présidera une célébration eucharistique le 16 octobre à Rome, avant l’audience accordée par Léon XIV aux participants.
Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, doit ensuite prononcer le discours inaugural consacré à la dignité et à la beauté de la procréation dans l’enseignement de l’Église. Médecins, universitaires, spécialistes de bioéthique et représentants d’institutions sanitaires poursuivront les échanges jusqu’au 18 octobre.
La participation annoncée du Pape souligne l’importance accordée par le Vatican aux questions qui relient science, santé et responsabilité humaine. Elle ne préjuge toutefois pas du contenu de son intervention, qui permettra de préciser sa propre lecture des enjeux abordés.
En réunissant professionnels de santé, chercheurs et acteurs pastoraux, le congrès entend ainsi dépasser une approche strictement médicale de l’infertilité. Son principal enjeu sera de montrer comment la recherche peut contribuer à mieux prévenir et traiter les difficultés reproductives, tout en maintenant la personne, son histoire et sa dignité au centre des décisions.
La Rédaction
Sources : Vatican News ; Organisation mondiale de la Santé (OMS)

