L’Algérie entend renforcer ses échanges commerciaux avec l’Afrique de l’Ouest, particulièrement le Sénégal, en s’appuyant sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Mais entre ambitions industrielles, contraintes logistiques et concurrence régionale, l’ouverture des marchés ne garantit pas encore une véritable intégration commerciale.
L’Algérie veut accélérer son implantation économique au sud du Sahara. Le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations a annoncé une révision à la hausse de ses projections d’échanges avec l’Afrique de l’Ouest, en accordant une attention particulière à l’axe Alger-Dakar. Cette orientation accompagne la volonté du pays de diversifier ses exportations, historiquement dominées par les hydrocarbures.
L’objectif est notamment de trouver de nouveaux débouchés pour les produits manufacturés et les matériaux de construction. Alger compte tirer parti du démantèlement tarifaire progressif prévu par la ZLECAf pour renforcer ses relations commerciales avec les économies ouest-africaines.
Le Sénégal, porte d’entrée vers de nouveaux marchés
Le rapprochement commercial avec Dakar s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenaires africains. L’Algérie cherche à consolider sa présence dans les marchés subsahariens, où les besoins en infrastructures, équipements industriels et produits transformés représentent des possibilités de développement.
Les échanges diplomatiques et économiques engagés avec le Sénégal, notamment la relance des mécanismes de coopération bilatérale, doivent faciliter les contacts entre entreprises. Le Mali constitue également un partenaire stratégique en raison de sa proximité géographique et de sa position dans les échanges transsahariens.
Mais cette ambition suppose de dépasser les déclarations politiques pour construire des circuits commerciaux réguliers, capables de garantir des volumes, des délais et des coûts compétitifs.
La logistique, principal défi
La suppression progressive des barrières tarifaires ne résout pas les difficultés de transport. Les infrastructures routières, les capacités portuaires, les formalités douanières et les coûts logistiques continuent de peser sur la circulation des marchandises entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest.
Les entreprises algériennes doivent également affronter la concurrence de fournisseurs déjà présents sur ces marchés, notamment marocains et tunisiens. Leur compétitivité dépendra autant de la qualité et du prix des produits que de la fiabilité des livraisons et des réseaux de distribution.
À ces contraintes s’ajoute la nécessité de développer des partenariats durables entre opérateurs privés. Sans une meilleure connaissance des marchés ouest-africains et une simplification des procédures commerciales, les ambitions d’exportation risquent de progresser plus rapidement que les échanges réels.
Transformer l’intégration en résultats
La ZLECAf offre à l’Algérie un cadre pour élargir ses débouchés et renforcer les échanges entre régions africaines. Toutefois, son application reste progressive, avec des différences entre pays dans la mise en œuvre des engagements tarifaires et des règles commerciales.
Pour Alger, l’enjeu consiste désormais à transformer cette ouverture en flux commerciaux mesurables. Cela suppose des investissements logistiques, une meilleure coordination douanière et une implication accrue des entreprises.
L’ambition algérienne illustre ainsi l’un des principaux défis de la ZLECAf : construire un marché continental ne consiste pas seulement à réduire les droits de douane, mais aussi à rendre les échanges africains plus simples, plus rapides et économiquement viables.
La Rédaction
Sources : Ministère algérien du Commerce et de la Promotion des exportations ; Agence de presse africaine (APA), octobre 2026 ; Secrétariat de la ZLECAf ; communications officielles algériennes et sénégalaises sur la coopération bilatérale.

