Du 2 au 18 octobre, Assilah accueille la session d’automne de son 47e Moussem culturel international. Derrière les expositions, la poésie et les rencontres littéraires, cette édition fait surtout de la ville marocaine un lieu de réflexion sur quelques-unes des grandes transformations contemporaines, de la géopolitique de l’eau aux mutations du monde arabe.
Pendant un peu plus de deux semaines, plus de 400 personnalités issues de la diplomatie, de la recherche, des médias, des lettres et des arts sont attendues dans cette ville du nord du Maroc. Placée sous le thème « Assilah… terre de rencontres et du dialogue », la manifestation poursuit une tradition commencée il y a près d’un demi-siècle : utiliser la culture pour mettre en conversation des univers qui se rencontrent rarement.
Cette année, cette vocation apparaît particulièrement dans la place accordée aux questions géopolitiques. Dès l’ouverture, les 2 et 3 octobre, un colloque sera consacré aux enjeux énergétiques et hydriques en Afrique et aux grands projets susceptibles de redessiner les rapports de puissance sur le continent.
L’eau et l’énergie entrent dans le débat culturel

Le choix de commencer par l’eau et l’énergie n’est pas anodin. Ces ressources déterminent désormais une partie des relations entre États africains, qu’il s’agisse de partager des bassins transfrontaliers, de sécuriser l’approvisionnement électrique ou de développer de nouvelles infrastructures.
En les installant au cœur d’un rendez-vous culturel, Assilah élargit la fonction traditionnelle du festival. La culture n’y apparaît plus seulement comme un espace consacré à la création, mais aussi comme un moyen d’interroger les transformations économiques et politiques du continent.
Cette réflexion se prolongera les 10 et 11 octobre avec une rencontre consacrée au monde arabe à l’horizon 2030, autour de ses défis, de ses mutations et de ses perspectives.
La création comme autre langage du dialogue

Le Moussem conserve parallèlement son identité artistique. Un hommage sera consacré à Toni Maraini et à son rapport aux arts plastiques marocains, tandis que la littérature donnera lieu à des rencontres autour de Moubarak Rabie et de Hassouna Mosbahi.
La poésie occupera également une place importante, notamment à travers une réflexion sur les nouvelles générations de poètes arabes et la huitième édition du Prix Buland Al-Haidari. Expositions, musique, peinture, gravure, lithographie et ateliers destinés aux enfants complètent cette programmation.
Cette diversité reste l’une des particularités d’Assilah : faire cohabiter dans un même espace diplomates, chercheurs, écrivains et artistes, sans établir de frontière rigide entre réflexion politique et création.
Assilah, près d’un demi-siècle de rencontres

Depuis 1978, le Moussem accompagne aussi la transformation culturelle de la ville. Les peintures murales de sa médina sont devenues l’une des expressions les plus visibles de cette histoire, renouvelées au fil des générations d’artistes.
La 47e édition prolonge cette ambition en faisant du dialogue son fil conducteur. Dans un contexte international traversé par les conflits, les tensions autour des ressources et les recompositions géopolitiques, Assilah défend ainsi une idée simple : la culture peut aussi être un lieu où le monde se pense avant de se confronter.
La Rédaction
Sources : Fondation du Forum d’Assilah ; MAP ; 2M, septembre 2026.

