Dix sélections engagées, neuf qualifiées pour la phase à élimination directe : l’Afrique vient de réaliser sa meilleure performance collective en Coupe du monde. Du 7 au 9 octobre au Cabo Verde, la CAF veut maintenant comprendre ce qui a changé et transformer les progrès observés en 2026 en acquis durables à l’horizon 2030.
Le Mondial 2026 a changé l’échelle de la présence africaine. Pour la première édition disputée à 48 équipes, dix sélections du continent étaient engagées et neuf ont franchi la phase de groupes. Une proportion de 90 %, contre 40 % des représentants africains en 2022 et aucun en 2018, selon la Confédération africaine de football (CAF).
Le Maroc a prolongé cette dynamique jusqu’en quarts de finale, quatre ans après sa demi-finale historique au Qatar. L’Égypte a atteint les huitièmes tandis que le Cabo Verde, novice dans la compétition, est parvenu à sortir de son groupe. Au-delà des parcours individuels, c’est cette progression collective que la CAF veut désormais analyser.
Comprendre ce qui a changé
Du 7 au 9 octobre, à Santa Maria sur l’île de Sal, les présidents des 54 fédérations africaines, les sélectionneurs nationaux et plusieurs experts se retrouveront pour la CAF Strategy Conference. Les dix entraîneurs ayant participé au Mondial seront notamment appelés à partager leurs expériences sur la préparation, la tactique, la gestion des joueurs et les exigences du très haut niveau.
Un autre indicateur retiendra l’attention : six des dix équipes africaines présentes au Mondial étaient dirigées par des entraîneurs africains. En 2010, une seule sélection du continent se trouvait dans cette situation. Pour la CAF, cette évolution pose désormais la question de la formation, des licences et des possibilités offertes aux techniciens locaux pour accéder durablement au haut niveau.
Passer des performances aux structures
Le résultat de 2026 ne garantit pourtant rien pour la suite. L’élargissement du Mondial a offert davantage de places à l’Afrique, mais neuf qualifications pour la phase à élimination directe montrent que les sélections africaines ont aussi su exploiter cette nouvelle configuration. La question consiste désormais à savoir comment reproduire cette compétitivité.
La CAF veut ainsi relier l’expérience du Mondial à la formation des entraîneurs, au développement des jeunes, à la préparation des équipes nationales et au renforcement des fédérations. Les responsables du football féminin et des sélections de jeunes participeront également aux travaux afin que les enseignements du haut niveau ne restent pas concentrés sur les seules équipes masculines seniors.
2030 comme prochain test
La conférence du Cabo Verde ne sera donc réellement utile que si les constats débouchent sur des transformations durables. L’enjeu n’est plus seulement de voir une sélection africaine réaliser ponctuellement un parcours exceptionnel, mais de multiplier les équipes capables de rivaliser régulièrement dans les phases décisives.
Le Mondial 2026 fournit à la CAF une base rarement aussi favorable pour travailler. Neuf sélections sur dix ont franchi leur groupe et plusieurs techniciens africains ont confirmé leur capacité à conduire des équipes au plus haut niveau. À quatre ans de 2030, le défi consiste désormais à transformer ce record collectif en méthode de développement.
La Rédaction
Sources : Confédération africaine de football (CAF), septembre et octobre 2026.

