L’intelligence artificielle transforme la manière dont les enfants apprennent, recherchent des informations et interagissent sur Internet. Mais face à des contenus toujours plus difficiles à authentifier, la protection numérique ne peut plus se limiter à la surveillance des écrans. Au Togo, l’éducation au discernement apparaît désormais comme une nécessité pour les familles et les établissements scolaires.
Une réponse produite par une intelligence artificielle peut sembler parfaitement crédible tout en étant erronée. Images fabriquées, fausses informations et collecte de données personnelles exposent également les jeunes à des risques qu’ils ne disposent pas toujours des compétences nécessaires pour identifier.
Cette évolution était au cœur de la quatrième Conférence-atelier interreligieux sur la protection de l’enfance et de la jeunesse en milieu virtuel (AIPEJV), organisée le 26 septembre à Lomé par Winds Impact Togo et ses partenaires.
Former le jugement plutôt que multiplier les interdictions
Les échanges ont mis en évidence une difficulté croissante : protéger les enfants suppose désormais de leur apprendre à comprendre les outils qu’ils utilisent. La prévention du cyberharcèlement et des contenus dangereux reste indispensable, mais elle doit s’accompagner d’une véritable éducation à l’information.
Vérifier une source, reconnaître les limites d’une réponse automatisée, protéger ses données ou distinguer une image authentique d’une fabrication numérique deviennent ainsi des compétences essentielles.
Représentant le ministère chargé de la Protection de l’Enfance, Mme Wilson Vignon Tchotcho a particulièrement insisté sur ces apprentissages, tout en rappelant la responsabilité des parents et des éducateurs.
L’école et la famille face à une nouvelle responsabilité
L’enjeu dépasse toutefois les seuls enfants. Pour accompagner efficacement leurs usages numériques, les adultes doivent eux-mêmes comprendre les transformations introduites par l’intelligence artificielle.
La conférence a ainsi réuni acteurs publics, éducateurs, spécialistes du numérique, organisations sociales et représentants religieux autour d’une responsabilité partagée.
L’objectif n’est pas de tenir les jeunes à distance des nouvelles technologies. L’IA offre également des possibilités d’apprentissage, d’innovation et d’accès aux connaissances. Encore faut-il éviter qu’elle ne remplace progressivement l’effort de réflexion personnelle.
Pour le Togo, cette évolution appelle donc une adaptation de l’éducation numérique. Former les enfants à utiliser les outils de demain ne suffira pas : il faudra surtout leur apprendre à ne pas croire aveuglément tout ce que ces outils produisent.
La Rédaction

