Le Togo entre dans une nouvelle ère budgétaire. Le projet de loi de finances 2026, premier budget de la Vᵉ République, franchit désormais les portes du Sénat après une première lecture houleuse à l’Assemblée nationale. Entre ajustements techniques et débats politiques, ce budget promet d’être le révélateur des tensions entre majorité et opposition.
Une augmentation notable et stratégique
Adopté mardi par la majorité parlementaire, le budget connaît un ajustement significatif : de 2 704,5 milliards à 2 751,5 milliards de Fcfa, soit une progression de 14,8 % par rapport à 2025. Selon la Commission des finances, présidée par Djossou Sémondji, cette hausse s’explique par des ressources additionnelles obtenues d’un partenaire extérieur. « Le gouvernement a profité de ces ressources pour renforcer le budget 2026 », précise-t-il, soulignant que ces fonds n’auraient pas pu être intégrés dans le budget en cours sans un collectif budgétaire.
Opposition : un budget jugé peu ambitieux
Pour les députés de l’opposition, ce budget reste insuffisant et déséquilibré. Brigitte Adjamagbo-Johnson (DMP) critique la dépendance excessive aux recettes fiscales, estimant que les ambitions gouvernementales reposent « au détriment des contribuables ». Selon elle, les performances des entreprises publiques et des industries extractives sont trop faibles pour contribuer efficacement aux finances nationales. « Nous avons formulé des propositions pertinentes, mais la majorité n’en a retenu aucune », déplore-t-elle.
La route vers l’adoption finale
Conformément au principe de la navette parlementaire, le projet de loi de finances 2026 sera désormais transmis au Sénat pour examen. Une seconde lecture qui pourrait voir émerger de nouveaux ajustements avant le retour à l’Assemblée nationale pour adoption définitive. Ce passage au Sénat s’annonce crucial, car il déterminera si le premier budget de la Vᵉ République saura concilier ambition économique et attentes citoyennes.
Le budget 2026 est bien plus qu’un simple document comptable : il symbolise les choix politiques et économiques de la Vᵉ République. Son examen au Sénat sera l’occasion de mesurer la capacité du gouvernement à répondre aux critiques et à traduire les ressources additionnelles en bénéfices concrets pour la population.
La Rédaction

