Trois jours après le signalement d’une forte montée des eaux du lac Togo et l’appel à la vigilance autour des bassins du Mono et de l’Oti, l’alerte ne peut encore être considérée comme levée. Le dernier relevé rendu public place toujours le lac Togo au-dessus de son premier seuil d’alerte. Surtout, aucune nouvelle donnée officielle disponible au moment de la publication ne permet de confirmer une décrue. Dans une période encore humide, l’enjeu n’est donc plus seulement de constater la montée des eaux, mais de suivre ce qui se passe après le franchissement du seuil.
Le 24 septembre, les services météorologiques faisaient état d’une évolution particulièrement rapide du lac Togo. En dix jours, sa hauteur maximale était passée de 232 à 340 centimètres, soit une progression de 46,6 %. La hauteur moyenne avait, elle, augmenté de 218,1 à 274 centimètres. À 340 centimètres, le maximum dépassait de 40 centimètres le seuil H1, fixé à 300 centimètres, tout en restant 60 centimètres sous le seuil H2 de 400 centimètres.
Ces chiffres constituent toutefois une photographie de la situation communiquée le 24 septembre, et non une mesure en temps réel. Les publications apparues depuis reprennent les mêmes données sans fournir de nouvelle hauteur du lac.
Franchir H1 ne signifie pas atteindre H2
La distinction est importante. Le dépassement du premier seuil constitue un signal justifiant une surveillance renforcée et des précautions dans les zones exposées. Il ne signifie pas que le niveau supérieur a été atteint ni qu’une inondation généralisée est inévitable.
Mais l’évolution observée en seulement dix jours justifie que la situation reste suivie de près. Entre 340 centimètres et H2, il ne restait que 60 centimètres lors du dernier relevé communiqué. La question déterminante est désormais de savoir si le niveau s’est stabilisé, poursuit sa progression ou commence à redescendre.
Or, jusqu’à samedi, aucune nouvelle mesure publique retrouvée ne permettait de trancher. Pour le Mono et l’Oti, l’incertitude est encore plus grande : les deux bassins figurent dans l’appel à la vigilance, mais les données publiées le 24 septembre ne précisaient pas leurs hauteurs respectives.
La pluie maintient la pression
Cette absence de nouveau relevé ne doit surtout pas être confondue avec un retour à la normale. Météo Togo continuait ces derniers jours à signaler des conditions favorables aux pluies, notamment dans le nord du pays.
Dans ce type de situation, le risque dépend non seulement de la pluie qui tombe directement sur une localité, mais aussi de l’eau accumulée et des écoulements dans les bassins versants. Une accalmie locale ne suffit donc pas nécessairement à provoquer immédiatement une baisse des niveaux.
L’ANPC rappelle d’ailleurs, dans ses dispositifs de gestion des inondations, l’importance de la veille hydrométéorologique et du suivi des cours d’eau, bassins et dépressions. En cas de nouvelles précipitations importantes, elle identifie notamment les débordements, les noyades, les destructions de cultures, les pertes de bétail et les maladies d’origine hydrique parmi les risques à surveiller.
L’information devient elle-même un outil de prévention
Trois jours après l’alerte, le prochain relevé devient donc essentiel. Il permettra de déterminer si le franchissement de H1 n’a constitué qu’un pic temporaire ou s’il marque une phase hydrologique plus durable.
Pour les populations riveraines, cette différence n’est pas abstraite. Elle peut déterminer la surveillance des habitations, des cultures, des déplacements et des activités menées à proximité de l’eau. Elle rappelle aussi l’importance de ne pas transformer un ancien relevé en donnée actuelle : 340 centimètres reste le dernier niveau maximal communiqué, pas nécessairement celui observé ce dimanche.
En attendant une actualisation officielle, la prudence reste donc la position la plus solide. L’alerte du 24 septembre n’a pas encore son épilogue : ce n’est plus seulement la hauteur atteinte par l’eau qui importe, mais la direction qu’elle prendra dans les prochains jours.
La Rédaction
Sources : République Togolaise ; Météo Togo ; Agence nationale de la protection civile (ANPC).

