Guerres, crise climatique, dette, développement, santé mondiale et fractures croissantes entre puissances : à partir de ce mardi 22 septembre, les dirigeants de la planète vont se succéder à la tribune des Nations unies à New York. Le débat général de la 81e session de l’Assemblée générale s’ouvre dans un contexte où le multilatéralisme est soumis à de fortes tensions, alors même que les crises exigeant des réponses collectives se multiplient.
La 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies est officiellement ouverte depuis le 8 septembre. Mais son grand rendez-vous politique commence ce mardi : pendant six journées de débats réparties jusqu’au 28 septembre, chefs d’État, chefs de gouvernement et ministres des 193 États membres pourront exposer leurs priorités devant l’Assemblée.
Près de 130 chefs d’État et de gouvernement sont attendus en personne à New York pour cette semaine de haut niveau. Le débat général se déroulera du mardi 22 au samedi 26 septembre, avant une dernière journée lundi 28 septembre.
« Restaurer la confiance »
Le thème retenu cette année donne une indication de l’état du système international : « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une ONU qui produit des résultats pour tous ».
La 81e session est présidée par le diplomate bangladais Khalilur Rahman. À l’ouverture du débat général, le secrétaire général António Guterres doit présenter le rapport annuel sur les activités de l’Organisation.
Derrière le rituel diplomatique des discours nationaux se trouve une question plus profonde : quelle capacité d’action collective reste-t-il à l’ONU alors que les conflits persistent, que les rivalités entre grandes puissances s’accentuent et que plusieurs pays en développement réclament depuis des années une réforme de la gouvernance internationale ?
La réforme du Conseil de sécurité, la représentation de l’Afrique, le financement du développement ou encore le poids des pays émergents dans les institutions internationales devraient continuer d’alimenter cette interrogation.
Climat, développement et pandémies au programme
Le débat général ne sera qu’une partie d’une semaine particulièrement dense.
Dès mercredi 23 septembre, un rendez-vous de haut niveau marquera le 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement. Le même jour, António Guterres réunira des dirigeants autour de l’action climatique et de la transition juste. L’objectif affiché est notamment d’accélérer la transition énergétique, de mobiliser davantage de financements pour les pays en développement et de renforcer l’adaptation face à l’aggravation des effets climatiques.
Jeudi 24 septembre, les Nations unies consacreront une réunion de haut niveau à la montée du niveau des mers, menace particulièrement grave pour les petits États insulaires et les territoires côtiers de faible altitude.
Vendredi 25 septembre, les États se retrouveront autour de la prévention et de la préparation aux futures pandémies. Les discussions doivent aboutir à l’approbation d’une déclaration politique destinée à renforcer la coopération internationale en matière de santé.
Une séquence particulièrement suivie par l’Afrique
Pour les États africains, cette Assemblée générale intervient alors que plusieurs revendications historiques prennent davantage de place dans le débat international : réforme du Conseil de sécurité, financement climatique, dette, accès aux capitaux, transformation locale des matières premières et représentation accrue du continent dans les institutions mondiales.
La question de la justice historique sera également présente. Lundi 28 septembre, une réunion de haut niveau marquera le 25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, texte adopté en 2001 contre le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie.
Cette séquence intervient six mois après l’adoption par l’Assemblée générale, à l’initiative du Ghana et avec le soutien de l’Union africaine, d’une résolution sur la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racial. Les discussions sur la mémoire, les conséquences contemporaines de l’esclavage et les demandes de justice réparatrice devraient donc trouver un nouvel écho à New York.
Une tribune mondiale sous pression
Comme chaque année, les discours prononcés depuis la tribune de l’Assemblée générale n’auront pas, à eux seuls, valeur de décision contraignante. Mais le rendez-vous reste exceptionnel : presque tous les États du monde disposent successivement du même espace pour exposer leur lecture des crises internationales.
À partir de ce mardi 22 septembre, New York deviendra ainsi pendant une semaine l’un des principaux centres de la diplomatie mondiale. Plus que l’accumulation des discours, cette 81e Assemblée générale permettra surtout de mesurer jusqu’où les États sont encore disposés à chercher des réponses communes dans un monde où les désaccords deviennent eux-mêmes de plus en plus globaux.
La Rédaction

