L’Université de Datcha s’apprête à accueillir sa première génération d’étudiants. Derrière l’ouverture des candidatures et le calendrier de l’année 2026-2027 se dessine surtout le positionnement du troisième établissement public universitaire du Togo : des formations orientées vers l’agriculture, les technologies, la santé, le nucléaire et la gestion des territoires, avec l’ambition de rapprocher davantage l’enseignement supérieur des besoins économiques du pays.
À Datcha, l’université entre dans sa phase la plus concrète. Après sa création et la mise en place progressive de ses structures, l’établissement ouvre désormais ses formations de Licence et prépare l’installation de sa première cohorte.
Les candidatures, ouvertes depuis le 14 septembre, entreront dans leur phase de dépôt physique du 21 septembre au 9 octobre. Les dossiers pourront être remis sur le campus de Datcha, mais également dans des points prévus aux universités de Lomé et de Kara. La sélection doit intervenir entre le 12 et le 23 octobre, avant les préinscriptions à partir du 26 octobre.
Des filières directement tournées vers des besoins émergents
L’intérêt de cette première rentrée tient surtout à la nature des cursus proposés. À l’Institut des Sciences Technologiques et de l’Innovation, les étudiants pourront notamment s’orienter vers l’instrumentation et la maintenance biomédicale, les agroéquipements et écotechnologies ou encore les sciences et technologies nucléaires.
L’Institut des Sciences Agronomiques et Environnementales concentre, lui, des formations en agroécologie, productions végétales résilientes, élevage, gestion durable des pâturages, mécanisation agricole, agrobusiness ou sylviculture.
La Faculté des Sciences Économiques, Sociales et du Territoire complète cette architecture avec des parcours en gestion des structures de santé, gouvernance foncière, intelligence territoriale et géodata, analyse économique ou management stratégique.
Ce choix donne à Datcha une identité particulière. Plutôt que de reproduire intégralement l’offre des universités déjà établies, le nouvel établissement semble privilégier des domaines directement liés aux transformations agricoles, technologiques et territoriales du pays.
Une sélection différenciée selon les parcours
L’accès aux formations scientifiques et agronomiques est principalement réservé aux titulaires des séries C et D, ou de diplômes équivalents, obtenus en 2025 ou 2026. La sélection reposera sur l’étude du parcours scolaire, avec une attention portée aux résultats en mathématiques, sciences physiques, sciences de la vie et de la Terre, français et anglais.
La FaSEST élargit davantage son recrutement aux séries A, C, D, E, G2 et G3 selon les cursus. Là encore, l’orientation dépendra des résultats obtenus dans les matières jugées pertinentes pour chaque formation.
Les frais d’étude du dossier sont fixés à 10 000 FCFA pour les Togolais et les ressortissants de l’UEMOA, et à 15 000 FCFA pour les candidats provenant d’autres pays.
Une première année qui devra installer les habitudes académiques
Le calendrier arrêté montre que cette première promotion connaîtra une mise en route progressive. La rentrée académique est annoncée à partir du 26 octobre, tandis qu’une semaine pédagogique est programmée du 9 au 14 novembre. Les enseignements proprement dits débuteront le 16 novembre.
Le semestre Harmattan se poursuivra jusqu’au 20 février 2027, avant les évaluations prévues du 22 février au 20 mars. Après la Semaine de l’étudiant et les congés de Pâques, le semestre Mousson débutera le 12 avril et s’achèvera début juillet. Les évaluations finales sont programmées jusqu’au 31 juillet, pour des vacances à compter du 2 août.
Mais au-delà du calendrier, cette première année aura valeur de test. L’Université de Datcha devra démontrer qu’elle peut transformer des filières prometteuses sur le papier en formations effectivement dotées d’enseignants, d’équipements, de contenus pratiques et de débouchés identifiables.
Pour le troisième pôle universitaire public du pays, le véritable enjeu commence donc avec cette première cohorte : réussir à construire une identité propre et à faire de sa spécialisation un complément réel aux universités de Lomé et de Kara, plutôt qu’une simple extension géographique de l’offre existante.
La Rédaction

