La nouvelle Journée internationale pour l’élimination du mariage d’enfants, du mariage précoce et du mariage forcé sera célébrée chaque 27 novembre. Une reconnaissance mondiale qui intervient à quatre ans de l’échéance fixée pour mettre fin à cette pratique.
Une nouvelle date entre au calendrier des Nations unies. Depuis le 4 septembre 2026, l’Assemblée générale a adopté sans vote la résolution instituant le 27 novembre comme Journée internationale pour l’élimination du mariage d’enfants, du mariage précoce et du mariage forcé.
Portée par la Sierra Leone et soutenue par plusieurs dizaines d’États, l’initiative donne une visibilité internationale permanente à une violation des droits humains qui continue de bouleverser la vie de millions de filles. Derrière la reconnaissance institutionnelle se trouve en effet une réalité autrement plus brutale : plus de 12 millions de filles sont encore mariées chaque année avant l’âge de 18 ans, soit environ une toutes les trois secondes.
Une journée mondiale, mais surtout une échéance qui approche
La création de cette journée ne constitue pas une fin en soi. Elle intervient alors que la communauté internationale s’est déjà engagée, à travers la cible 5.3 des Objectifs de développement durable, à éliminer le mariage des enfants, le mariage précoce et le mariage forcé d’ici 2030.
À quatre ans de cette échéance, l’écart entre l’engagement et la réalité demeure considérable. Selon les estimations de l’UNICEF, environ 650 millions de femmes et de filles actuellement en vie ont été mariées pendant leur enfance.
Le mariage précoce entraîne des conséquences qui se prolongent bien au-delà de la cérémonie. Il peut interrompre la scolarité, réduire l’autonomie économique, accroître l’exposition aux violences conjugales et favoriser des grossesses précoces comportant des risques importants pour la santé des adolescentes.
Faire disparaître cette pratique suppose donc davantage qu’une interdiction juridique. Le maintien des filles à l’école, leur accès à la santé, la lutte contre la pauvreté, la protection sociale et la transformation des normes qui entretiennent les inégalités entre filles et garçons constituent autant de leviers indispensables.
En Afrique : le continent au cœur de la bataille contre le mariage des enfants
L’Afrique subsaharienne concentre désormais le défi le plus important. La prévalence du mariage des enfants y a reculé au cours de la dernière décennie, passant de 38 % à 31 %, mais elle reste la plus élevée au monde.
Cette évolution révèle un paradoxe. Les progrès existent, mais leur rythme demeure insuffisant face à la croissance démographique. Sans accélération, l’Afrique subsaharienne pourrait représenter une part toujours plus importante du nombre mondial de filles mariées avant leur majorité.
Le continent n’est toutefois pas dépourvu de leviers. L’Union africaine a fait de l’élimination du mariage des enfants un enjeu continental, tandis que plusieurs gouvernements ont renforcé leurs législations, leurs politiques de scolarisation des filles et leurs programmes de protection. Le Programme mondial conjoint de l’UNICEF et de l’UNFPA travaille également dans plusieurs pays à forte prévalence, en associant gouvernements, communautés, familles, responsables traditionnels et religieux, organisations de femmes et mouvements de jeunes.
La Sierra Leone occupe désormais une place particulière dans cette mobilisation. En portant la résolution devant l’Assemblée générale, le pays a contribué à transformer une priorité africaine en rendez-vous annuel mondial.
Quatre années pour que le symbole devienne un résultat
Inscrire le 27 novembre au calendrier international permet de créer un rendez-vous annuel de mobilisation, de mesurer les progrès et de maintenir la pression sur les gouvernements. Mais aucune journée internationale, à elle seule, ne peut empêcher une adolescente d’être mariée contre son gré.
Le véritable test se situe donc ailleurs : dans la capacité des États à faire appliquer les lois, maintenir les filles à l’école, protéger les plus vulnérables et financer durablement les politiques qui retardent l’âge du mariage.
La nouvelle journée internationale naît ainsi sous la pression d’un calendrier beaucoup plus exigeant que celui des commémorations. 2030 est désormais à quatre ans. Et pendant que le monde compte les années qui restent, une fille est encore mariée toutes les trois secondes.
La Rédaction

