Préserver l’accès à l’eau ne consiste pas seulement à construire des forages, des retenues ou des réseaux d’adduction. La protection doit commencer là où se trouve la ressource. À Doufelgou 1, le reboisement récent des berges de plusieurs cours d’eau met en lumière cet enjeu moins visible : empêcher l’érosion et les activités humaines de dégrader progressivement les milieux dont dépend l’eau disponible pour les populations.
Dans cette dynamique, des plants ont été mis en terre sur les berges de la rivière Binah, aux limites des cantons de Siou et Pouda, ainsi que le long d’un ruisseau traversant Massédéna.
L’opération, conduite par la commune Doufelgou 1 avec les services déconcentrés de l’État chargés de l’Eau et de l’Assainissement, s’inscrivait dans les activités liées à la Journée africaine de la décentralisation et du développement local.
Au-delà de cette circonstance, l’intervention pose une question durable : comment protéger un cours d’eau avant que sa dégradation ne rende sa restauration plus difficile et plus coûteuse ?
La berge, première protection du cours d’eau
La végétation installée autour d’un cours d’eau contribue à maintenir les sols et à limiter leur érosion. Elle participe ainsi à la protection physique des berges et de l’écosystème qui entoure la ressource.
Mais planter ne constitue qu’une première étape. La pérennité de l’opération dépendra notamment de la survie des plants et de la capacité à limiter les pratiques susceptibles de continuer à fragiliser les zones restaurées.
C’est précisément ce que montrent les préoccupations exprimées à Doufelgou. Le maire Massoka Barima a attiré l’attention des populations riveraines sur le respect des zones de protection des ressources en eau, mais également sur l’orpaillage clandestin et la divagation des animaux domestiques.
Le problème dépasse donc le reboisement. Il concerne la manière dont les activités humaines cohabitent avec une ressource naturelle commune.
Faire de l’eau une question de gouvernance locale
Cette dimension donne également un contenu très concret à la décentralisation. La gestion durable de l’eau ne relève pas uniquement des grands investissements nationaux. Les collectivités peuvent intervenir sur l’environnement immédiat de la ressource, mobiliser les communautés et travailler avec les services techniques pour prévenir certaines dégradations.
À cette échelle, protéger l’eau signifie aussi arbitrer entre différents usages du territoire. Agriculture, élevage, activités économiques et besoins des populations doivent pouvoir coexister sans compromettre durablement les cours d’eau dont ils dépendent.
Les actions annoncées autour de la Journée africaine de la décentralisation — dialogues locaux, sensibilisation et partage de bonnes pratiques — n’auront ainsi d’intérêt que si elles contribuent à installer cette vigilance dans la durée.
Car les plants mis en terre à Siou, Pouda et Massédéna disparaîtront rapidement de l’actualité. Le véritable résultat se mesurera plus tard : à leur survie, à l’état des berges et surtout au recul des pratiques qui continuent de fragiliser les ressources en eau.
La Rédaction

