En Afrique de l’Ouest et centrale, porter secours aux populations prises dans les conflits devient une mission de plus en plus dangereuse. À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce 19 août, les Nations Unies alertent sur la multiplication des violences visant aussi bien les civils que ceux qui tentent de leur venir en aide.
Les conflits qui traversent plusieurs pays de la région déplacent des millions de personnes et compliquent l’accès aux besoins les plus élémentaires : nourriture, soins, éducation ou encore eau potable. Dans ce contexte déjà fragile, les travailleurs humanitaires doivent eux aussi évoluer dans des environnements où leur sécurité n’est plus garantie.
Les employés nationaux sont particulièrement exposés. Présents au plus près des populations, parfois dans des zones difficiles d’accès pour les équipes internationales, ils assurent une part essentielle de l’assistance tout en supportant une grande partie des risques.
Des zones de danger qui s’élargissent
L’OCHA s’inquiète également de l’évolution des moyens utilisés dans les conflits. Le recours croissant aux drones armés et à d’autres technologies contribue à rendre les lignes de front moins lisibles et à étendre les zones dans lesquelles civils et humanitaires peuvent être touchés.
Cette transformation des modes de guerre complique les déplacements des équipes, l’acheminement des secours et l’organisation des opérations sur le terrain. Elle intervient alors que les attaques contre les infrastructures civiles, notamment les écoles et les établissements de santé, réduisent encore davantage l’accès des populations aux services essentiels.
L’année précédente avait déjà illustré cette dégradation. En août 2025, l’OCHA indiquait que 18 travailleurs humanitaires avaient été tués, sept blessés et douze enlevés depuis le début de l’année en Afrique de l’Ouest et centrale.
« Les humanitaires ne sont pas des cibles »
Pour les Nations Unies, la protection des équipes d’aide ne peut être dissociée de celle des populations civiles. Le droit international humanitaire impose aux parties engagées dans les conflits de protéger les personnes qui ne participent pas aux combats et de permettre l’acheminement de l’assistance.
L’OCHA réclame notamment un accès sûr et sans entrave aux populations en détresse, ainsi qu’une responsabilisation accrue des auteurs d’attaques contre les personnels humanitaires.
Cette exigence devient d’autant plus pressante que les organisations d’aide doivent parallèlement composer avec des ressources financières insuffisantes. Les données régionales publiées en août 2026 montrent que le financement disponible reste très inférieur aux besoins exprimés, alors même que les crises se prolongent et se superposent.
Des besoins croissants, des moyens sous pression
Cette contraction des financements oblige les organisations humanitaires à établir des priorités toujours plus difficiles. Certaines opérations sont réduites, tandis que l’accès à certaines communautés peut devenir plus irrégulier.
La Journée mondiale de l’aide humanitaire rappelle chaque 19 août le rôle de celles et ceux qui interviennent dans ces situations. Elle trouve son origine dans l’attentat contre le siège des Nations Unies à Bagdad, le 19 août 2003, qui avait coûté la vie à 22 personnes, parmi lesquelles le représentant spécial de l’ONU en Irak, Sergio Vieira de Mello.
Plus de deux décennies après cet attentat, la question de la sécurité des humanitaires reste entière. En Afrique de l’Ouest et centrale, elle se pose désormais avec une acuité particulière : alors que les populations ont davantage besoin d’assistance, ceux qui la délivrent sont eux-mêmes de plus en plus exposés aux violences qu’ils tentent d’atténuer.
La Rédaction

