Alberta – Certains coups de téléphone facilitent singulièrement le travail de la police. En 2015, un agent de la Gendarmerie royale du Canada reçoit sur son téléphone personnel plusieurs appels d’inconnus cherchant à acheter de la drogue. Malgré l’avertissement qu’ils se sont trompés de numéro, les appels continuent. Jusqu’au moment où l’un des correspondants donne le nom de la personne qu’il cherche : précisément un homme déjà dans le viseur des enquêteurs.
« Vous avez le mauvais numéro »
L’agent John Spaans, affecté au détachement de Boyle, commence par réagir comme n’importe qui face à un appel destiné à quelqu’un d’autre : il explique à son interlocuteur qu’il s’est trompé et raccroche.
Mais le téléphone sonne de nouveau. Les appels et même certains messages se multiplient, avec des demandes suffisamment explicites pour faire comprendre au policier que ses correspondants cherchent des stupéfiants. Spaans racontera qu’ils semblaient croire qu’il « jouait les difficiles » en refusant de leur répondre.
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Le mauvais numéro devient une piste policière
Intrigué par cette insistance, le policier finit par demander à l’un des appelants qui il cherche exactement.
Le nom donné provoque immédiatement son intérêt : il correspond à une personne déjà visée par une enquête menée par les détachements de Boyle et d’Athabasca sur un trafic de drogue local. L’information obtenue grâce à ces appels contribue à permettre aux policiers d’obtenir un mandat de perquisition.
Dans un appartement d’Athabasca, les agents découvrent des stupéfiants. Trevor Dennis, alors âgé de 41 ans, est poursuivi pour possession de marijuana en vue d’en faire le trafic et possession de cocaïne.
Une enquête presque livrée par téléphone
Le commandant du détachement de Boyle, le sergent Kevin McGillivray, résumera l’épisode avec humour : « Le travail de police ne devient pas beaucoup plus facile que ça. »
L’affaire reste surtout remarquable par son enchaînement : des acheteurs composent le mauvais numéro, tombent directement sur un policier, sont avertis de leur erreur… puis insistent suffisamment pour lui fournir une piste dans une enquête déjà en cours.
Cette fois, la police n’avait même pas besoin de mettre le téléphone sur écoute : les appels arrivaient directement chez elle.
La Rédaction

