Plus de huit millions d’électeurs sont appelés aux urnes le 13 août pour choisir leur président et renouveler l’Assemblée nationale. Hakainde Hichilema sollicite un second mandat face à treize adversaires, dont Brian Mundubile. Mais au-delà du rapport de forces politique, le scrutin sera surtout un test de la capacité de la reprise économique à produire des effets visibles sur l’emploi, les revenus et le coût de la vie.
À Lusaka, le contraste domine la fin de campagne. Sur le papier, l’économie zambienne a retrouvé une partie de sa stabilité : restructuration de la dette, retour dans un programme du FMI, inflation en recul et reprise de la croissance. Dans la vie quotidienne, pourtant, une grande partie de la population continue de ressentir fortement la pauvreté et le manque d’emplois.
C’est dans cet écart que se joue une partie du scrutin. La Banque mondiale estime que 71,7 % des Zambiens vivaient avec moins de trois dollars par jour selon les dernières données disponibles, remontant à 2022. Cette précision est importante : elle confirme l’ampleur de la pauvreté, sans permettre d’affirmer que ce taux décrit exactement la situation de 2026.
Une amélioration macroéconomique encore peu perceptible
Hichilema peut défendre un bilan de stabilisation après le défaut de paiement de 2020. La dette a été restructurée, l’inflation est retombée autour de 6,5 % et la croissance devrait avoisiner 4,3 %, soutenue notamment par le cuivre. Mais l’opposition insiste sur une reprise qui tarde à se traduire en amélioration sensible du niveau de vie.
Ce décalage revient dans les attentes exprimées par plusieurs électeurs. Les jeunes, en particulier, placent l’emploi au premier rang de leurs préoccupations. La question devient donc moins celle de la stabilité retrouvée que de sa redistribution : combien d’emplois, quels salaires et quel effet réel sur le pouvoir d’achat ?
Le cuivre, richesse nationale et promesse inachevée
La Zambie reste l’un des grands producteurs africains de cuivre, un métal dont la demande mondiale est portée par l’électrification et les infrastructures énergétiques. Le secteur représente environ 70 % des recettes d’exportation et plus de 10 % du PIB.
Le gouvernement veut fortement augmenter la production, tandis que les investisseurs réclament davantage d’électricité, des règles plus prévisibles et de nouvelles infrastructures. Plus de 10 milliards de dollars d’investissements miniers auraient été annoncés depuis 2021, mais la question électorale demeure entière : cette dynamique peut-elle créer suffisamment d’emplois et de valeur locale pour modifier le quotidien des ménages ?
Le calme électoral comme autre exigence
À cette attente économique s’ajoute une préoccupation plus immédiate : éviter les violences. La campagne a été marquée par des accusations d’intimidation et par les critiques de l’opposition sur l’espace accordé à la contestation politique.
Pour de nombreux électeurs, la première réussite du 13 août sera donc la tenue d’un scrutin pacifique et accepté. Derrière l’affrontement entre Hichilema et Mundubile, l’élection pose une question plus large : la Zambie peut-elle transformer la stabilisation de ses grands équilibres économiques en progrès suffisamment perceptibles pour restaurer la confiance sociale ?
La Rédaction
Source principale : données de la Commission électorale de Zambie, Banque mondiale et informations de Reuters sur la campagne présidentielle et la situation économique.

