Pour certaines familles rurales, l’obstacle à une opération n’est pas toujours médical. Il tient à la distance, au coût du déplacement, à l’absence de spécialiste à proximité ou au temps nécessaire pour rejoindre un centre adapté. Dans la préfecture de Vo, la campagne organisée depuis le 7 et ce jusqu’au 9 août par AIMES-AFRIQUE rappelle ainsi une réalité essentielle : un soin disponible mais inaccessible reste, dans les faits, un soin hors de portée.
Pendant trois jours, l’Association internationale des médecins pour la promotion de l’éducation et de la santé en Afrique propose des consultations et des interventions chirurgicales gratuites, avec une attention particulière portée aux enfants souffrant notamment de hernies, d’hydrocèles, de lipomes et d’autres pathologies nécessitant une prise en charge spécialisée.
Menée avec l’appui des organisations allemandes Sternstunden et Aktion PiT Togohilfe, cette mission s’inscrit dans une logique déjà expérimentée dans plusieurs préfectures du pays, notamment l’Ogou, la Kozah et Sotouboua.
Quand le soin doit se déplacer
Dans les grandes villes, l’accès à un spécialiste suppose souvent un rendez-vous et des moyens financiers. Dans certaines zones rurales, il faut y ajouter la distance, le transport, l’hébergement éventuel et parfois plusieurs jours d’absence pour les accompagnants.
Ces contraintes retardent les diagnostics et les interventions, y compris pour des pathologies qui pourraient être traitées plus tôt.
C’est précisément dans cet espace que les campagnes médicales itinérantes trouvent leur utilité. En rapprochant temporairement les chirurgiens et les équipes spécialisées des populations, elles réduisent une partie des barrières qui séparent encore les patients des plateaux techniques.
Une réponse utile, mais encore ponctuelle
La gratuité constitue un levier important, mais elle ne suffit pas à elle seule. La question de fond reste celle de la disponibilité durable des soins spécialisés au-delà des grands centres urbains.
Ces missions apportent donc une réponse immédiate à des besoins réels, tout en révélant une autre réalité : lorsque des campagnes ponctuelles sont nécessaires pour permettre à certains patients d’être opérés, l’égalité territoriale face au soin reste encore à construire.
L’enjeu dépasse ainsi les trois jours d’intervention prévus à Vo. Il touche à la capacité du système de santé à faire en sorte que le lieu de résidence ne détermine plus les chances d’être diagnostiqué, suivi et soigné à temps.
Car en matière de santé, quelques dizaines de kilomètres peuvent parfois peser autant qu’un manque de traitement.
La Rédaction

