Jamais la prévention du VIH n’a disposé d’outils aussi prometteurs. Pourtant, l’effondrement des financements internationaux et le recul des droits humains menacent de compromettre des décennies de progrès. Réunis à Rio de Janeiro, les experts alertent sur le risque d’un rebond de l’épidémie si les engagements politiques ne suivent pas les avancées scientifiques.
La lutte contre le VIH se trouve à un tournant. Les nouvelles infections et les décès liés au sida ont atteint leur niveau le plus bas depuis le début des années 1990, mais cette dynamique pourrait rapidement s’inverser.
À l’ouverture de la 26ᵉ Conférence internationale sur le sida, à Rio de Janeiro, l’Onusida avertit que la riposte mondiale traverse une crise de financement sans précédent. Selon l’agence, plus de trois millions de nouvelles infections pourraient être enregistrées d’ici à 2030 si les investissements continuent de diminuer.
Une avancée scientifique majeure
Alors que les traitements quotidiens ont profondément changé la prise en charge du VIH, une nouvelle génération de médicaments préventifs ouvre des perspectives inédites. Des injections administrées une ou deux fois par an, ainsi que des traitements à prise mensuelle, offrent une protection proche de celle qu’apporterait un vaccin.
Pour Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida, l’enjeu n’est plus seulement de développer ces innovations, mais de les rendre accessibles aux populations qui en ont le plus besoin.
Plusieurs pays, dont le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie et l’Ouganda, accélèrent déjà leur déploiement. Mais l’accès demeure extrêmement limité à l’échelle mondiale.
Les financements s’essoufflent
Cette révolution médicale intervient au moment où les ressources internationales reculent fortement.
En 2025, les financements consacrés à la lutte contre le VIH sont tombés à 7,3 milliards de dollars, contre 8,8 milliards un an plus tôt. Cette baisse touche particulièrement l’Afrique subsaharienne, où de nombreux programmes de prévention dépendent encore largement de l’aide extérieure.
Les premières conséquences sont déjà visibles : réduction des distributions de préservatifs, fermeture de services communautaires et diminution des programmes destinés aux populations les plus exposées au virus.
Les droits humains au cœur de la prévention
L’Onusida s’inquiète également d’un durcissement des législations dans plusieurs pays. Criminalisation des relations homosexuelles, du travail du sexe ou de l’usage de drogues : ces politiques compliquent l’accès au dépistage, aux traitements et à la prévention.
L’agence rappelle que la lutte contre le VIH ne repose pas uniquement sur les progrès médicaux. Elle dépend aussi de la protection des droits fondamentaux et d’un accès équitable aux soins.
Malgré ces inquiétudes, l’objectif de mettre fin au sida comme menace de santé publique d’ici à 2030 demeure atteignable, estime l’Onusida. À condition que les États traduisent les avancées scientifiques en investissements durables et en politiques de santé inclusives.
La Rédaction
Sources et références
- Onusida.
- 26ᵉ Conférence internationale sur le sida, Rio de Janeiro.
- Nations unies.

