Alors que les combats continuent de ravager plusieurs régions du Soudan, les autorités sanitaires font face à une nouvelle menace : la propagation du choléra. Le ministère de la Santé a signalé des cas suspects dans quatre États du pays, une évolution qui intervient dans un contexte d’effondrement du système de santé et de déplacement massif des populations.
De nouveaux foyers sous surveillance
Le ministère soudanais de la Santé a annoncé la détection de cas suspects de choléra dans les États du Kordofan-Nord, du Kordofan-Ouest, du Darfour-Sud et de Khartoum.
Cette évaluation a été présentée lors d’une réunion du Centre fédéral des opérations d’urgence, chargé de coordonner la réponse sanitaire nationale. Les autorités n’ont pas précisé le nombre de personnes concernées, mais confirment une extension géographique de la maladie.
En parallèle, les services de santé font état d’une amélioration de la situation concernant la rougeole, avec 25 nouveaux cas suspects recensés récemment et aucun décès signalé.
Une épidémie favorisée par la guerre
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déjà alerté, le 10 juillet, sur l’aggravation de l’épidémie dans les régions du Darfour et du Kordofan. À cette date, l’agence faisait état d’au moins 1 330 cas de choléra et de 114 décès, tout en prévenant que ce bilan restait susceptible de s’alourdir.
La poursuite des affrontements, les déplacements de population, l’accès limité à l’eau potable et la destruction des infrastructures sanitaires créent des conditions particulièrement favorables à la propagation de la maladie.
Les organisations humanitaires soulignent également que les difficultés d’accès à certaines zones de combat compliquent la surveillance épidémiologique et le déploiement rapide des secours.
Une catastrophe humanitaire de grande ampleur
L’OMS considère aujourd’hui le Soudan comme la plus importante crise humanitaire au monde.
Selon l’organisation, plus de 33 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire, dont près de 21 millions nécessitent un accès à des services de santé. Le conflit a également provoqué le déplacement de 13,4 millions de personnes, parmi lesquelles environ 9 millions restent déplacées à l’intérieur du pays, tandis que 4,6 millions ont trouvé refuge dans les États voisins.
Dans plusieurs régions, les structures médicales fonctionnent avec des moyens extrêmement limités, aggravant les risques liés aux maladies infectieuses.
Le Kordofan parmi les zones les plus touchées
Début juillet, le Réseau des médecins soudanais avait déjà alerté sur la situation critique dans les zones situées à l’ouest de Bara, dans l’État du Kordofan-Nord.
Selon cette organisation, plus de 200 000 habitants, dont environ 20 000 enfants, sont confrontés à une grave crise sanitaire marquée par la propagation simultanée du choléra et de la rougeole, dans un contexte de pénuries de médicaments, de nourriture et de matériel médical.
Ces difficultés sont accentuées par les combats qui se poursuivent dans les trois États du Kordofan ainsi qu’au Darfour et dans le Nil Bleu.
Une urgence sanitaire qui s’ajoute au conflit
Depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), le pays est confronté à un effondrement progressif de ses services essentiels.
Alors que les affrontements continuent de provoquer des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, la progression du choléra illustre les conséquences sanitaires d’un conflit prolongé. Pour les organisations internationales, contenir l’épidémie nécessitera non seulement un renforcement de l’aide humanitaire, mais aussi un meilleur accès des équipes médicales aux populations vivant dans les zones affectées par les combats.
La Rédaction

