À Kouampante, dans la région des Savanes, la restauration des terres ne se limite plus à la protection de l’environnement. Un projet associant communautés hôtes, femmes et réfugiés mise sur l’agroforesterie et l’apiculture pour concilier préservation des écosystèmes, adaptation au changement climatique et amélioration des revenus des ménages.
Face à la dégradation progressive des sols, les réponses ne passent plus uniquement par le reboisement. Elles cherchent désormais à associer restauration des paysages, activités génératrices de revenus et implication des populations locales. C’est cette approche qui est expérimentée à Kouampante, où la protection des ressources naturelles s’accompagne d’un soutien direct aux moyens de subsistance des habitants.
Au total, 112 agriculteurs, parmi lesquels 95 femmes ainsi que des réfugiés accueillis par la communauté, participent à la mise en valeur des terres autour de la forêt communautaire et des versants de la montagne de Tchindigué. La plantation d’anacardiers s’inscrit dans une stratégie visant à restaurer des espaces dégradés tout en créant de nouvelles perspectives économiques.
Une restauration qui profite aussi aux populations
Portée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en partenariat avec l’ONG Capas et avec l’appui du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), l’initiative a déjà permis la plantation de 20 000 arbres forestiers et fruitiers. À terme, 235 hectares de terres dégradées doivent retrouver leur potentiel écologique.
Pour Coumba Sow, coordonnatrice résidente du Système des Nations unies au Togo, cette démarche répond à plusieurs objectifs : préserver la biodiversité, renforcer le stockage naturel du carbone et améliorer la capacité des communautés à faire face aux effets du changement climatique.
Quand la protection de la nature devient une activité économique
Le projet ne s’arrête pas aux plantations. Soixante ruches ont été installées afin de développer l’apiculture, une activité qui favorise la pollinisation des cultures tout en offrant une source de revenus complémentaire aux bénéficiaires.
Cette combinaison entre agroforesterie et production de miel illustre une évolution des politiques environnementales : restaurer les écosystèmes tout en améliorant les conditions de vie des populations.
Après Kouampante, cette approche doit être étendue à d’autres localités de la région des Savanes, notamment dans le Kpendjal Est. L’ambition est de faire de la restauration des terres un levier durable de résilience économique, sociale et environnementale dans une région particulièrement exposée aux effets du changement climatique.
La Rédaction

