Dans la préfecture de Mô, la prévention du VIH et de la tuberculose ne reposera plus uniquement sur les structures sanitaires. Un projet porté par l’ONG ALAFIA entend désormais renforcer les capacités des chefs traditionnels, responsables religieux et autres relais locaux afin de mieux informer les populations, combattre les préjugés et faciliter l’orientation des personnes vers les services de dépistage et de soins.
Dans les territoires ruraux, l’efficacité des campagnes sanitaires dépend souvent de la confiance accordée à ceux qui portent le message. C’est sur cette réalité que repose le projet de renforcement des capacités des leaders communautaires lancé à Gnezimdè, dans le canton de Djarkpanga.
L’initiative veut faire des figures influentes de la préfecture de Mô des acteurs directs de la prévention du VIH et de la tuberculose. Leur connaissance du terrain et leur proximité sociale peuvent contribuer à diffuser des informations fiables, encourager le dépistage et orienter plus rapidement les personnes présentant des symptômes vers les structures compétentes.
Des relais locaux contre le silence et la stigmatisation
Malgré les progrès enregistrés dans la prise en charge, le VIH et la tuberculose restent entourés de peur, de désinformation et parfois de rejet social. Ces obstacles peuvent retarder le recours aux soins et favoriser la transmission au sein des communautés.
La formation des leaders locaux vise donc à créer un environnement plus favorable à la prévention. Chefs traditionnels, autorités religieuses et responsables communautaires sont appelés à relayer des messages adaptés aux réalités locales et à promouvoir des comportements protecteurs.
Porté par l’ONG ALAFIA, le projet vient compléter les actions des services publics de santé. Sa directrice, Tatey Adzoavi, a insisté sur la nécessité de maintenir la prévention au cœur de la riposte et salué la mobilisation des acteurs locaux autour de cette initiative.
Faire de la communauté un acteur de santé
Le préfet de Mô, Agoh Manzamisso, a pour sa part invité les populations à adopter des comportements responsables et à soutenir les actions engagées contre les deux maladies.
Au-delà de la cérémonie organisée le 7 juillet, la réussite du projet dépendra désormais de sa traduction dans les villages : séances d’information régulières, orientation vers le dépistage, suivi des personnes vulnérables et lutte contre les fausses croyances.
Dans une préfecture où l’accès à l’information sanitaire peut rester inégal, cette stratégie marque une évolution importante : la santé publique ne se construit plus seulement dans les centres de soins, mais aussi au sein des communautés.
La Rédaction

