Longtemps largement soutenue par les financements internationaux, la politique environnementale togolaise amorce une évolution structurelle. À travers l’élaboration de son premier Plan national de financement de la biodiversité, Lomé entend mobiliser davantage de ressources nationales afin d’inscrire durablement le capital naturel au cœur de sa trajectoire de développement et de sa résilience face au changement climatique.
Le Togo ouvre une nouvelle séquence dans sa politique environnementale. Longtemps abordée sous le seul prisme de la conservation, la biodiversité est désormais appelée à occuper une place plus centrale dans les politiques publiques, en lien avec les enjeux de développement économique, de résilience climatique et de gestion durable des ressources naturelles.
C’est dans cette perspective que le pays prépare son premier Plan national de financement de la biodiversité, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de l’initiative BIOFIN et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Plus qu’un nouveau document stratégique, cette initiative traduit une évolution de la gouvernance environnementale : il ne s’agit plus seulement de protéger les écosystèmes, mais de construire un modèle de financement plus durable, fondé sur une mobilisation accrue des ressources nationales.
Réduire progressivement la dépendance aux financements extérieurs
L’ambition du futur plan consiste à doter le pays d’un cadre cohérent permettant de mieux financer la préservation de son patrimoine naturel tout en réduisant progressivement la dépendance aux financements extérieurs.
Pour y parvenir, les travaux s’appuieront sur une analyse approfondie du cadre institutionnel, économique et réglementaire. L’objectif est d’identifier les principaux facteurs de dégradation de la biodiversité, d’évaluer les besoins de financement et d’examiner les mécanismes budgétaires ou économiques susceptibles d’avoir des effets défavorables sur les écosystèmes.
Cette démarche doit permettre d’orienter plus efficacement les ressources publiques, de favoriser l’émergence de nouveaux mécanismes de financement et d’encourager une meilleure contribution des acteurs nationaux à la préservation de la biodiversité.
Faire de la nature un levier de développement
Pour le ministère de l’Environnement, ce futur plan a vocation à devenir un véritable outil d’aide à la décision. Il devra renforcer la cohérence des investissements, améliorer la transparence dans l’allocation des ressources et intégrer davantage les enjeux liés au capital naturel dans les politiques publiques.
Cette approche traduit une évolution de la perception de la biodiversité. Au-delà de sa valeur écologique, celle-ci est désormais considérée comme un actif stratégique susceptible de soutenir la sécurité alimentaire, l’agriculture durable, l’adaptation aux changements climatiques et, plus largement, la résilience de l’économie nationale.
Une nouvelle étape de la gouvernance environnementale
L’initiative s’inscrit dans un contexte où les États sont appelés à renforcer leurs capacités de financement des politiques environnementales tout en assurant une meilleure efficacité des ressources mobilisées.
En faisant le choix d’élaborer son premier Plan national de financement de la biodiversité, le Togo pose les bases d’une approche plus intégrée de la gouvernance environnementale. L’ambition est de faire de la préservation des écosystèmes non plus uniquement une exigence écologique, mais un facteur durable de développement économique, de résilience climatique et de souveraineté dans la gestion de ses ressources naturelles.
La Rédaction

