Clôturée à Lomé après plusieurs jours de travaux, la deuxième session ordinaire du Cadre permanent de concertation (CPC) débouche sur une initiative à forte portée institutionnelle : l’audition annoncée du ministre de la Justice autour de l’interprétation d’une décision de la Cour de justice de la CEDEAO. Un signal qui illustre la montée en intensité du dialogue entre acteurs politiques et institutions.
Réunie pendant plusieurs jours dans la capitale, la deuxième session ordinaire du Cadre permanent de concertation (CPC) s’est achevée sur une recommandation qui dépasse le simple cadre consultatif. L’instance a acté la nécessité d’une rencontre avec le ministre de la Justice afin d’obtenir des clarifications sur la portée d’un arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO relatif à la réforme constitutionnelle.
Une séquence de dialogue institutionnel à forte portée politique
Au terme des travaux, le CPC a choisi de donner une suite opérationnelle à ses échanges en sollicitant une audition du ministre de tutelle. Cette démarche vise à mieux comprendre la position du gouvernement face à une décision juridictionnelle communautaire qui suscite des interprétations multiples au sein de la classe politique.
Selon les termes rendus publics à l’issue de la session, le ministre en charge de l’Administration territoriale a été mandaté pour prendre les dispositions nécessaires afin de faciliter cette rencontre dans les prochains jours.
Un espace de concertation assumé comme outil d’éclairage
Pour les responsables du CPC, cette initiative ne relève pas d’une logique de confrontation institutionnelle, mais d’un mécanisme d’éclairage et de clarification. L’objectif affiché est de permettre une meilleure lisibilité des positions publiques sur des sujets juridiques et politiques à forte sensibilité.
Dans cette perspective, l’instance se positionne comme un espace intermédiaire entre les acteurs politiques et les institutions, privilégiant l’analyse et la formulation de recommandations plutôt que l’injonction.
Des travaux marqués par la recherche de consensus
Au-delà de la question liée à la Cour de justice de la CEDEAO, les échanges ont porté sur plusieurs aspects du fonctionnement institutionnel dans le contexte de la Ve République. Les discussions se sont déroulées, selon les participants, dans un climat jugé apaisé, marqué par la volonté de maintenir un dialogue structuré entre sensibilités politiques différentes.
Les conclusions des différentes commissions mises en place durant la session seront transmises aux autorités compétentes pour exploitation et suites éventuelles.
Le CPC, entre médiation politique et consolidation démocratique
À travers cette session, le CPC réaffirme son rôle de cadre de concertation destiné à prévenir les tensions institutionnelles et à favoriser la circulation de l’information entre acteurs politiques.
Son président, Mohammed Tchassona Traoré, a insisté sur la vocation non contraignante de l’institution, qui se veut avant tout un outil d’analyse et d’accompagnement des décisions publiques, dans une logique de dialogue continu et de stabilisation du climat politique.
La Rédaction

