La suspension de la pêche maritime depuis le 1er juillet jusqu’au 31 juillet relance le débat sur l’équilibre entre préservation des ressources halieutiques et survie économique des acteurs du port de pêche de Lomé. Une mesure environnementale jugée indispensable, mais aux conséquences immédiates pour les filières locales.
Depuis le 1er juillet, toute activité de pêche maritime est suspendue sur les côtes togolaises dans le cadre du repos biologique annuel, qui s’étend jusqu’au 31 juillet. Cette période d’arrêt temporaire vise à permettre la reproduction des espèces marines et la reconstitution progressive des stocks halieutiques, dans un contexte marqué par une pression croissante sur les ressources.
Au port de pêche de Lomé, cette mesure se traduit immédiatement par un ralentissement marqué des activités liées à la pêche maritime. Les pirogues restent à quai, les circuits de débarquement de poissons frais issus de la pêche locale sont à l’arrêt, et l’ensemble de la chaîne de capture est suspendu. Il convient toutefois de préciser que le repos biologique ne constitue pas une fermeture du port de pêche : les activités commerciales, la vente de poissons issus d’autres sources d’approvisionnement (stocks, importations ou produits congelés), ainsi que la transformation et la distribution, se poursuivent normalement.
Pour de nombreux acteurs, cette période constitue un choc économique récurrent, même si elle est désormais intégrée dans le calendrier de gestion de la filière.
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Une mesure écologique devenue structurelle
Le repos biologique s’inscrit dans une stratégie de gestion durable des ressources marines. En interrompant temporairement les captures, il permet aux espèces de compléter leur cycle de reproduction et limite la pression sur les zones de frai et les juvéniles.
Les autorités et les spécialistes du secteur considèrent cette période comme un outil indispensable pour éviter l’épuisement progressif des stocks. Elle s’inscrit dans une logique de préservation à long terme, dans un contexte où la demande nationale reste largement supérieure à la production locale.
Un impact direct sur l’économie du port de Lomé
Si l’objectif écologique est largement reconnu, ses effets économiques sont immédiats au niveau du port de pêche de Lomé. Les revenus des pêcheurs artisanaux sont suspendus, tandis que les activités de transformation et de commercialisation ralentissent fortement.
Dans un pays où la production halieutique reste structurellement insuffisante pour couvrir la consommation nationale, estimée à environ 70 000 tonnes contre une production comprise entre 20 000 et 25 000 tonnes, la filière dépend fortement des importations pour compenser le déficit.
Une logique de durabilité confirmée par les résultats régionaux
Les expériences menées dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest montrent toutefois des résultats encourageants. Les périodes de repos biologique ont permis, dans certains cas, une amélioration significative des stocks et des captures après la reprise des activités.
Au Togo, les effets observés sur des zones comme le lac de Nangbéto sont souvent cités en exemple, avec une hausse progressive de la production à la suite de mesures combinant repos biologique et contrôle renforcé des activités de pêche.
Entre contrainte immédiate et bénéfice différé
Au-delà des difficultés immédiates pour les acteurs du secteur, le repos biologique est présenté comme un investissement sur le moyen et long terme. Les estimations évoquent des gains potentiels de 10 à 30 % des rendements si la mesure est respectée et accompagnée d’une gestion efficace des ressources.
Entre impératif écologique et tension économique, le port de pêche de Lomé incarne ainsi les défis d’une filière en quête d’équilibre durable.
La Rédaction

