Au cœur de l’Africa Creative Market (ACM) et du Creative Industry Business Summit (CIBS), la journée du 1er juillet marque un temps fort consacré à la transformation des industries créatives africaines. De la monétisation des contenus numériques à la protection des droits d’auteur, en passant par l’intelligence artificielle et les investissements, les débats traduisent une ambition commune : faire de la culture un véritable moteur de croissance pour le continent.
LUSAKA — Longtemps perçues comme un secteur essentiellement artistique, les industries créatives africaines cherchent désormais à s’imposer comme un pilier du développement économique. C’est dans cette perspective que se poursuit, le 1er juillet, à Lusaka, le sommet conjoint de l’Africa Creative Market (ACM) et du Creative Industry Business Summit (CIBS), l’un des principaux rendez-vous consacrés à l’économie de la culture en Afrique.
Organisé avec le soutien du ministère zambien de la Jeunesse, des Sports et des Arts, l’événement rassemble entrepreneurs culturels, producteurs, investisseurs, institutions financières, plateformes numériques, juristes spécialisés et décideurs publics autour d’une même interrogation : comment permettre aux créateurs africains de vivre durablement de leurs œuvres dans un marché mondial en pleine mutation ?
Transformer la création en véritable industrie
Au-delà de la promotion culturelle, les organisateurs défendent une vision résolument économique. L’objectif consiste à structurer un secteur encore largement informel afin d’en faire un levier de croissance, d’innovation et de création d’emplois.
Les discussions portent notamment sur les réformes nécessaires pour améliorer la rémunération des créateurs à travers les plateformes numériques, développer les chaînes de valeur locales et attirer davantage d’investissements privés dans les industries culturelles.
Pour les autorités zambiennes, la souveraineté culturelle passe désormais aussi par la capacité des artistes, producteurs et créateurs de contenus à tirer des revenus durables de leurs productions.

Le numérique au centre des débats
La journée du 1er juillet accorde une place importante aux mutations technologiques qui redessinent les industries créatives.
Le programme « Digital Creator Africa », organisé sous le thème Small Screen, Big Economy, explore les nouveaux usages liés aux smartphones, aux plateformes vidéo et à l’intelligence artificielle appliquée à la production audiovisuelle. Les intervenants analysent également les opportunités offertes par les micro-formats vidéo, devenus un vecteur majeur de consommation culturelle sur le continent.
Les plateformes de streaming et les modèles de monétisation des contenus numériques figurent également parmi les principaux sujets abordés, alors que de nombreux créateurs africains peinent encore à convertir leur audience en revenus réguliers.
Les droits d’auteur, un enjeu de compétitivité
L’économie créative ne peut toutefois se développer sans un environnement juridique solide. Une partie importante du sommet est ainsi consacrée au Global Creative Legal Summit, où juristes et spécialistes de la propriété intellectuelle échangent avec les professionnels de la musique, du cinéma, du design ou encore de la mode.
Au-delà des conférences, plusieurs sessions de conseil permettent aux créateurs de mieux comprendre les mécanismes de protection de leurs œuvres, la négociation des contrats ou encore la gestion des droits d’exploitation à l’international.
Pour de nombreux participants, le renforcement de la sécurité juridique constitue l’une des conditions essentielles pour attirer des investisseurs et développer des partenariats durables.
Des investisseurs à la rencontre des talents africains
Loin d’une simple exposition, le sommet fait également la part belle aux rencontres d’affaires. Les espaces de négociation accueillent producteurs, distributeurs, banques, entreprises technologiques et investisseurs venus d’Afrique, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Amérique.
Ces échanges visent à faciliter la conclusion d’accords de coproduction, de distribution ou de financement, tout en favorisant l’intégration des créateurs africains dans les circuits internationaux.
Les technologies immersives, le jeu vidéo, la réalité virtuelle, la photographie, la mode et le cinéma figurent parmi les secteurs qui suscitent le plus d’intérêt auprès des investisseurs présents.
La Zambie veut devenir un carrefour africain de l’économie créative
À travers l’organisation de ce rendez-vous international, Lusaka affiche une ambition claire : faire de la Zambie un pôle régional des industries créatives.
Dans un contexte où les dépenses de consommation en Afrique continuent de progresser et où les contenus numériques connaissent une croissance rapide, les autorités misent sur l’économie culturelle pour diversifier les moteurs de développement du pays.
Au-delà de la seule édition 2026, l’Africa Creative Market entend ainsi s’imposer comme une plateforme permanente de coopération entre créateurs, entreprises, institutions publiques et investisseurs, afin d’accélérer la professionnalisation d’un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans l’économie africaine.
La Rédaction

