La filière cotonnière togolaise confirme une dynamique de redressement à l’échelle nationale. Mais dans la région Maritime, les performances restent en retrait, incitant les producteurs à viser une montée en puissance progressive lors des prochaines campagnes.
La filière cotonnière au Togo évolue dans un contexte de reprise contrastée, marqué par une amélioration des performances globales mais également par des disparités régionales persistantes. Dans la région Maritime, les producteurs réunis au sein de l’Union régionale des cotonculteurs de la Maritime (URCOTON COOP-CA) ambitionnent désormais de porter la production à 10 000 tonnes lors des prochaines campagnes agricoles.
Cette ambition intervient dans la continuité d’une campagne 2024-2025 jugée difficile pour la région. Les données présentées par les acteurs de la filière font état d’une production de 3 629 tonnes de coton graine sur 4 525 hectares, contre 6 452 tonnes sur 6 715 hectares lors de la campagne précédente, soit un recul significatif. Cette baisse est attribuée à plusieurs facteurs combinés, notamment une pluviométrie défavorable, des difficultés liées à la qualité des semences et la pression des jassides.
Une reprise nationale plus favorable
À l’échelle nationale, la tendance apparaît plus positive. Selon la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), la campagne récente a permis d’atteindre environ 79 000 tonnes de coton graine, contre 60 403 tonnes lors de la campagne précédente, soit une progression de plus de 20 %.
Cette amélioration est notamment liée à une meilleure maîtrise des ravageurs, au maintien du prix d’achat du coton graine à 300 FCFA le kilogramme et à la poursuite des subventions sur les intrants agricoles, notamment les engrais.
Des contraintes structurelles dans la région Maritime
Malgré cette dynamique nationale encourageante, la région Maritime continue de faire face à des contraintes structurelles importantes. Les producteurs évoquent notamment les difficultés d’accès au foncier, les limites du financement agricole, les aléas climatiques et les retards de paiement, qui freinent encore la consolidation des performances locales.
Dans ce contexte, l’atteinte de l’objectif de 10 000 tonnes repose sur plusieurs leviers : amélioration des rendements, renforcement de l’encadrement des producteurs et implication accrue des jeunes et des femmes dans la filière.
Une trajectoire nationale à l’horizon 2030
À plus long terme, les ambitions nationales de la filière cotonnière tablent sur une production comprise entre 150 000 et 200 000 tonnes de coton graine à l’horizon 2030. Cette trajectoire repose sur la modernisation progressive des pratiques agricoles, la structuration de la chaîne de valeur et la consolidation de la compétitivité du coton togolais sur les marchés internationaux.
La Rédaction

