Réunis à l’occasion du Comité local de développement, la France et le Togo ont procédé à une évaluation d’ensemble de leur coopération bilatérale et fixé les orientations stratégiques du partenariat pour la période 2026-2028. Un cycle marqué par des investissements structurants dans les infrastructures, les services sociaux et la gouvernance.
LOMÉ, juin 2026 – Le partenariat de développement entre la France et le Togo entre dans une nouvelle phase de reconfiguration. À l’issue du Comité local de développement (CLD) tenu le 5 juin à Lomé, les deux parties ont arrêté les grandes lignes de leur coopération pour le cycle 2026-2028, dans un contexte de consolidation des investissements et de recentrage des priorités sectorielles.
Selon un communiqué de l’ambassade de France publié le 8 juin, l’« Équipe France au Togo » a mobilisé récemment 395 millions d’euros, soit environ 259 milliards de francs CFA, à travers les interventions de l’Agence française de développement (AFD) et ses partenaires. Ces financements couvrent un large spectre de secteurs stratégiques, avec une orientation affirmée vers les infrastructures de base et les services essentiels.
Des impacts sociaux et économiques chiffrés
Les résultats avancés mettent en avant l’ampleur des interventions sur le terrain. Plus de 552 000 personnes auraient ainsi bénéficié d’un meilleur accès à l’eau potable, tandis que 125 000 autres ont été raccordées ou sécurisées en électricité. Dans le même temps, 49 centres de formation technique et professionnelle ont été modernisés, et plus de 600 kilomètres de pistes rurales ont été construits ou réhabilités, facilitant l’écoulement des productions agricoles de plus de 500 000 producteurs.
Dans le secteur de l’enseignement supérieur, la coopération franco-togolaise revendique un appui à la création de l’École polytechnique du Togo, ainsi que l’octroi de 95 bourses du gouvernement français à des étudiants togolais. Le dispositif « Études en France » a enregistré plus de 8 200 candidatures en 2025, accompagné par l’extension des espaces Campus France à Lomé et Kara.
Le réseau d’enseignement français homologué poursuit également son expansion, passant de 857 à plus de 2 500 élèves en quatre ans. Une dynamique qui traduit l’élargissement progressif de l’offre éducative francophone au Togo.
Culture, société civile et cohésion territoriale
Au-delà des infrastructures, la coopération couvre également les secteurs culturels et sociaux. Les industries culturelles et créatives auraient touché environ 17 000 spectateurs, tandis que 350 bénéficiaires ont été formés dans le cadre de programmes dédiés. Par ailleurs, 24 résidences artistiques ont été accompagnées et 13 organisations sportives de la société civile soutenues, bénéficiant à près de 5 000 jeunes.
Sur le plan humanitaire, la région des Savanes a concentré environ 8 millions d’euros d’interventions sur la période 2024-2025, dans un contexte de vulnérabilité accrue des populations.
Trois priorités structurantes pour le nouveau cycle
Pour la période 2026-2028, le Comité local de développement a retenu trois axes majeurs : le soutien à une croissance inclusive créatrice d’emplois, le renforcement des infrastructures et services essentiels, ainsi que la consolidation de la gouvernance et de la cohésion sociale. Deux priorités transversales complètent ce cadre : l’égalité entre les femmes et les hommes et un appui renforcé à la région des Savanes.
Ce nouveau cadrage s’inscrit dans la continuité d’un partenariat ancien, porté notamment par l’Agence française de développement, présente au Togo depuis 1957. L’institution, dirigée localement depuis août 2025 par Benjamin Neumann, indique un volume annuel moyen d’engagements d’environ 40 millions d’euros, principalement sous forme de prêts concessionnels orientés vers l’eau, l’énergie et l’agriculture.
Dans un contexte de diversification progressive des partenaires financiers du Togo, ce nouveau cycle de coopération s’inscrit également dans la préparation de la future feuille de route gouvernementale 2026-2031.
La Rédaction

