Face au stress hydrique et à la pression démographique, le septentrion togolais opère une refonte profonde de son architecture hydraulique. En combinant forages à haut débit, mix énergétique et maillage territorial, la Société Togolaise des Eaux (TdE) tente de sécuriser durablement l’approvisionnement de la région.
KARA, juin 2026 – Longtemps tributaire d’infrastructures centralisées et vulnérables aux aléas climatiques, la région de la Kara traverse une phase de mutation technique sans précédent. Sous l’impulsion d’un vaste programme public de sécurisation, le système d’approvisionnement en eau potable (AEP) connaît une reconfiguration structurelle. Une mission d’évaluation conduite par la direction générale de la Société Togolaise des Eaux (TdE) confirme l’évolution progressive du modèle : d’une logique de dépendance unique vers une architecture plus diversifiée et résiliente.
Fin du monopole de la Kozah : diversification des sources d’approvisionnement
Pendant plusieurs décennies, l’alimentation en eau de la région reposait essentiellement sur le barrage de la Kozah, infrastructure aujourd’hui fortement sollicitée. Pour réduire cette pression, les autorités ont engagé une stratégie de diversification fondée sur les ressources souterraines.
À ce jour, 150 forages ont été réalisés dans la zone concernée. Les ouvrages présentant des débits exploitables sont progressivement intégrés au réseau de distribution de la TdE, selon une logique de mise en service progressive, sans attendre l’achèvement complet des travaux.
Ce dispositif permet déjà une amélioration sensible des capacités de production, avec une injection estimée à environ 12 000 m³ d’eau par jour dans le réseau régional.
Bassar et Dankpen : l’extension du réseau par l’énergie solaire
En parallèle, la stratégie hydraulique s’étend aux zones rurales de Bassar et Dankpen, où plusieurs postes d’eau autonomes alimentés par énergie solaire ont été installés.
Ce choix technologique répond à une double exigence : assurer un accès durable à l’eau dans les zones enclavées et réduire la dépendance aux infrastructures électriques classiques. Il s’inscrit dans une logique d’adaptation territoriale du service public de l’eau.
Une phase de transition encore en consolidation
Malgré les avancées enregistrées, les autorités techniques soulignent que le dispositif reste en phase de consolidation. Les raccordements restants, la stabilisation des pressions et l’optimisation du réseau constituent encore des étapes essentielles pour garantir une distribution fluide et continue.
Dans un contexte de croissance démographique et de demande croissante, l’enjeu central demeure la sécurisation durable de l’approvisionnement en eau potable sur l’ensemble de la région.
La Rédaction

