Portée par l’UNAFRET-CM à Adeta (Kpélé), cette initiative inédite jette les bases d’un dialogue structuré entre l’État et ses anciens agents publics, sur fond de défis liés à la protection sociale.
La localité d’Adeta, nichée dans la préfecture de Kpélé, est entrée dans l’histoire sociale du pays en abritant, le 31 mai dernier, la première édition de la Journée nationale des retraités du Togo. Initié par l’Union nationale des fonctionnaires retraités du Togo, civils et militaires (UNAFRET-CM), cet événement marque un tournant majeur : celui de l’institutionnalisation de la reconnaissance publique envers ceux qui ont consacré leur vie au service de l’État.
Rassemblant des délégations venues des quatre coins du territoire, ce rendez-vous s’est imposé comme une agora inédite. Au-delà du protocole, il a offert un espace de réflexion critique sur la condition des seniors, leurs trajectoires post-carrière et les impératifs de modernisation de leur prise en charge.
Une symbolique forte et une décentralisation bienvenue
Loin d’être une simple commémoration formelle, cette édition inaugurale pose les jalons d’un rendez-vous pérenne, vocation à s’inscrire durablement dans l’agenda républicain. En choisissant Adeta plutôt que la capitale, l’UNAFRET-CM opère un arbitrage fort : conférer une dimension territoriale à l’événement. Cette décentralisation intègre de fait les collectivités locales dans le devoir de mémoire et de gratitude envers les anciens serviteurs de l’État, rapprochant le débat des réalités régionales.
Les autorités locales ont d’ailleurs profité de cette tribune pour saluer la contribution historique de ces agents à la sédimentation des institutions togolaises. Leur expertise accumulée et leur sens du devoir ont été érigés en modèles de stabilité administrative pour les jeunes générations.
Le traitement social du vieillissement en question
Si l’heure était à l’hommage, la réalité sociale a rapidement rattrapé les débats. La rencontre s’est muée en un miroir des préoccupations qui traversent cette catégorie de la population. Les participants ont profité de ce micro tendu pour formuler des doléances claires, articulées autour de trois axes névralgiques :
La simplification administrative : l’accélération des procédures de liquidation des droits à la pension.
La sécurité financière : la garantie de la régularité des versements.
La santé publique : un accès facilité et préférentiel aux soins de santé, angle mort récurrent du troisième âge.
« Il s’agit de passer d’une logique d’assistance ponctuelle à une véritable politique publique de protection sociale globale et inclusive », résume un délégué de l’Union.
Vers un cadre permanent de dialogue social
Pour l’UNAFRET-CM, le bilan de cette première édition dépasse les attentes logistiques. L’objectif stratégique est atteint : amorcer la structuration d’une parole collective. En se positionnant comme un interlocuteur crédible et unifié, l’association entend peser davantage dans les futures négociations avec les ministères de tutelle.
À l’heure où le Togo fait face à une transition démographique mécanique, caractérisée par une augmentation progressive du nombre de retraités, la gestion du grand âge devient un enjeu de gouvernance. L’initiative d’Adeta n’est donc pas une fin en soi, mais le point de départ d’un plaidoyer national pour que l’après-carrière ne soit plus synonyme de vulnérabilité, mais une étape de vie digne et valorisée.
La Rédaction

