Dans plusieurs localités rurales, les enfants suivent les cours dans des abris de fortune, entre pénurie d’infrastructures et abandon scolaire
Dans plusieurs zones rurales de la République centrafricaine, des écoles construites sous des paillotes continuent d’accueillir des élèves dans des conditions jugées précaires. Faute de bâtiments en dur, les cours se déroulent sous des abris improvisés, exposant enfants et enseignants aux intempéries et à des conditions d’apprentissage limitées.
À Yassinda, village situé dans la région du Bas-Oubangui, les élèves du primaire assistent aux cours sous une structure faite de bois et de feuilles de palmier. Les élèves, souvent assis à même le sol, utilisent leurs genoux comme support pour écrire, tandis qu’un tableau noir fixé sur des poteaux constitue l’unique outil pédagogique de la classe.
Des conditions d’apprentissage fortement dégradées
Les intempéries perturbent régulièrement le déroulement des cours, notamment durant la saison des pluies, marquée par des vents violents et des précipitations importantes. Dans ces conditions, les interruptions de classe sont fréquentes, ce qui affecte la continuité pédagogique.
Les élèves décrivent des difficultés à suivre les enseignements dans un environnement peu adapté. L’absence de manuels scolaires et de matériel didactique complique également le travail des enseignants, qui s’efforcent d’adapter leurs méthodes avec des moyens limités.
Manque d’infrastructures et abandon scolaire
Selon les enseignants, les établissements concernés accueillent parfois plusieurs centaines d’élèves sans disposer d’équipements de base tels que des bancs, des tables ou des salles de classe construites. Cette situation contribue à une désaffection progressive de l’école dans certaines familles.
Dans plusieurs localités, des parents préfèrent envoyer leurs enfants participer aux activités agricoles plutôt que de les maintenir dans le système scolaire, ce qui alimente le phénomène d’abandon scolaire.
Une crise structurelle de l’éducation
Pour les acteurs de terrain, ces difficultés s’inscrivent dans une crise plus large du système éducatif national, marqué par un manque d’investissements dans les infrastructures scolaires, en particulier en milieu rural et périurbain.
Certains observateurs estiment que cette situation reflète un déséquilibre persistant dans les priorités de développement, alors que le pays attend encore un renforcement durable de ses politiques publiques en matière d’éducation.
Appel à une priorité nationale
Face à ces conditions, des organisations locales appellent les autorités à faire de l’éducation une priorité structurante. Elles soulignent que les conditions d’apprentissage actuelles compromettent la qualité de l’enseignement et les perspectives d’avenir des élèves concernés.
Pour ces acteurs, l’amélioration des infrastructures scolaires constitue un levier essentiel pour réduire les inégalités et renforcer l’accès effectif à l’éducation sur l’ensemble du territoire.
La Rédaction

