Dans la plaine rizicole de Djagblé, les producteurs appellent les autorités à intervenir face à des difficultés d’écoulement qui menacent le lancement de la campagne agricole et fragilisent l’équilibre économique local.
La filière rizicole dans la plaine de Djagblé traverse une période de fortes tensions économiques. Réunis autour du Projet de développement rural de la plaine de Djagblé, les producteurs alertent sur une situation de blocage commercial qui pourrait compromettre la campagne agricole en cours.
Dans un appel adressé aux autorités nationales, ils sollicitent une intervention du gouvernement afin d’éviter une crise susceptible d’affecter durablement la production et les revenus agricoles de la zone.
Des stocks invendus et une campagne agricole paralysée
Selon les données communiquées par les producteurs, plus de 100 tonnes de riz paddy restent actuellement stockées dans les entrepôts, soit plus de 2 000 sacs de 50 kg, pour une valeur estimée à environ 40 millions de FCFA. Ces volumes, habituellement écoulés en début de campagne, peinent à trouver preneur.
Dans le même temps, la nouvelle campagne agricole, qui devrait déjà être engagée, demeure largement à l’arrêt, faute de débouchés commerciaux et de visibilité sur les conditions de vente.
Un déséquilibre des prix et des contraintes financières accrues
Les producteurs font face à un écart important entre les prix proposés sur le marché et les coûts de production. Les rares acheteurs présents sur le terrain proposent environ 18 000 FCFA par sac, alors que les exploitants estiment qu’un prix d’au moins 25 000 FCFA est nécessaire pour couvrir les charges et assurer une rentabilité minimale.
À cette pression économique s’ajoute celle des institutions de microfinance, qui réclament le remboursement des crédits accordés, accentuant la fragilité financière des producteurs déjà confrontés à des marges réduites.
Par ailleurs, les difficultés d’accès aux services de mécanisation agricole compliquent davantage le lancement effectif des travaux de la nouvelle campagne, limitant les capacités de production dans la zone.
Un appel direct aux autorités pour éviter une crise agricole
Face à cette situation, Komlan Sénam Ayewou-Adan, porte-parole des riziculteurs de Djagblé, appelle directement le président du Conseil ainsi que le gouvernement à intervenir pour soutenir la filière et débloquer la situation.
Les producteurs estiment que sans mesures correctives rapides, la filière rizicole locale pourrait entrer dans une phase de désorganisation affectant non seulement les revenus des exploitants, mais également la dynamique agricole de la plaine.
Une filière stratégique confrontée à des fragilités structurelles
La situation de Djagblé met en lumière les fragilités persistantes des chaînes de valeur agricoles locales, notamment en matière de commercialisation, de financement et d’accès aux équipements.
Dans un contexte où le riz constitue une culture stratégique pour la sécurité alimentaire nationale, les tensions observées soulignent les défis liés à la structuration des débouchés et à la stabilisation des prix agricoles.
La Rédaction

