L’Ordre National des Ingénieurs du Togo critique le recours jugé excessif aux experts étrangers et plaide pour une intégration plus systématique des compétences nationales dans les projets publics et privés.
Les responsables de l’Ordre National des Ingénieurs du Togo ont exprimé, vendredi, leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une marginalisation persistante des compétences locales dans la conception et la mise en œuvre de projets techniques et d’infrastructures.
Selon l’organisation professionnelle, les ingénieurs togolais restent encore trop souvent cantonnés à des fonctions secondaires, loin des postes de décision ou de pilotage des grands projets, malgré leur expertise avérée dans plusieurs domaines stratégiques.
Une expertise nationale jugée sous-utilisée
Le vice-président de l’Ordre, Marius Bagny, estime que les ingénieurs nationaux sont régulièrement sous-valorisés dans les projets structurants, alors même qu’ils participent directement à leur exécution technique.
Il déplore une tendance à solliciter les compétences locales principalement en situation de difficulté ou de crise, ce qui limite leur visibilité et leur rôle dans les phases initiales de conception et de planification.
Dans ce contexte, l’argument lié au coût des prestations locales, souvent invoqué pour justifier le recours à des experts étrangers, est rejeté par les représentants de la profession, qui estiment que cette lecture ne reflète pas la réalité des compétences disponibles au niveau national.
Un vivier de compétences diversifié mais encore peu structuré
Le Togo dispose d’un corps d’ingénieurs estimé à près d’un millier de professionnels, couvrant une vingtaine de spécialités allant du génie civil à l’hydraulique, en passant par l’ingénierie environnementale et aéronautique.
Toutefois, seuls environ 400 d’entre eux sont inscrits au tableau de l’Ordre, ce qui soulève également des enjeux liés à la structuration, à la régulation et à la reconnaissance institutionnelle de la profession.
Vers une meilleure intégration des compétences nationales
Au-delà des revendications corporatistes, la question soulevée par l’Ordre renvoie à un enjeu plus large de souveraineté technique et de valorisation du capital humain local dans les politiques de développement.
Dans plusieurs secteurs stratégiques, la place accordée aux experts nationaux demeure un indicateur clé de la capacité d’un pays à internaliser ses compétences techniques et à renforcer son autonomie dans la conduite de ses projets d’infrastructure.
La Rédaction

