Une audience sous tension autour de sa libération sous caution
Le militant panafricaniste Kemi Seba a déclaré craindre pour sa vie s’il devait être renvoyé au Bénin, selon des éléments présentés lundi devant un tribunal de Pretoria. Ses déclarations ont été relayées par son avocat dans le cadre d’une audience portant sur sa demande de libération sous caution.
Son défenseur a indiqué avoir soumis au tribunal une déclaration sous serment dans laquelle l’activiste expose ses craintes et justifie sa demande de mise en liberté conditionnelle. La décision finale a été renvoyée à une audience prévue la semaine suivante.
Une arrestation liée à des infractions migratoires en Afrique du Sud
Kemi Seba a été arrêté en Afrique du Sud le mois dernier avec son fils mineur et un ressortissant sud-africain. Les autorités lui reprochent d’avoir enfreint les règles migratoires en dépassant la durée de validité de son visa de visiteur.
Selon sa défense, il s’est retrouvé en situation irrégulière après l’expiration de son permis de séjour, intervenu fin février. L’activiste affirme toutefois que cette situation est liée à des circonstances politiques et à sa volonté de demander l’asile.
Une procédure judiciaire distincte des accusations du Bénin
Parallèlement à cette affaire migratoire, les autorités béninoises ont émis un mandat d’arrêt international à son encontre. Il est soupçonné d’implication dans un complot de coup d’État déjoué, après des déclarations publiques de soutien à une tentative de renversement du président Patrice Talon, selon les éléments évoqués dans le dossier.
Le Bénin affirme que des militaires mutins avaient annoncé un changement de pouvoir à la télévision, avant que la situation ne soit rapidement maîtrisée par les autorités.
Une défense centrée sur la demande d’asile
Devant le tribunal, la défense de Kemi Seba a insisté sur les obstacles administratifs et sur la nécessité de sa prise en charge par les services de l’immigration sud-africaine. L’avocat a indiqué que son client s’engageait, en cas de libération sous caution, à se présenter rapidement aux autorités compétentes afin d’entamer une procédure d’asile.
Un militant entre contentieux judiciaire et enjeux politiques
Né en France de parents béninois, Kemi Seba affirme ne pas s’être rendu au Bénin depuis mai 2024, invoquant des risques de persécution et des tensions avec les autorités de son pays d’origine. Il estime que ces éléments expliquent en partie sa situation migratoire actuelle en Afrique du Sud.
L’affaire combine désormais des dimensions judiciaires, migratoires et politiques, alors que le tribunal doit prochainement statuer sur sa demande de libération sous caution.
La Rédaction

