Dans l’est du Soudan, une crise silencieuse gagne du terrain autour des zones d’exploitation aurifère. Dans la localité de Durdeib, État de la mer Rouge, des éleveurs affirment que leurs animaux meurent en raison de la pollution générée par les activités minières, relançant le débat sur les dégâts environnementaux liés à l’extraction de l’or.
Des cas récents de mortalité animale, notamment chez les chameaux, ont été signalés à proximité de sites de traitement du minerai. Un rapport vétérinaire évoque l’hypothèse d’une intoxication après ingestion d’eau contaminée dans des bassins à ciel ouvert utilisés pour le traitement des résidus miniers. Ces déchets, connus localement sous le nom de « karta », proviennent des procédés de séparation de l’or et peuvent contenir des substances hautement toxiques.
Toutefois, les experts précisent que l’état de décomposition avancé des carcasses empêche toute conclusion scientifique définitive à ce stade.
Pour les éleveurs concernés, le lien avec les activités minières ne fait guère de doute. Certains ont engagé des démarches juridiques afin de faire reconnaître leur préjudice, estimant que la situation menace directement leur mode de vie pastoral.
Des spécialistes de l’environnement alertent depuis plusieurs années sur les risques liés à l’usage du mercure et du cyanure dans l’orpaillage artisanal. Ces substances, utilisées pour extraire l’or, peuvent contaminer durablement les sols, les pâturages et les nappes phréatiques.
Officiellement interdites dans les mines soudanaises depuis 2019, leur utilisation resterait néanmoins difficile à contrôler sur le terrain, en raison d’un encadrement jugé insuffisant et de pratiques informelles persistantes.
Selon des chercheurs, la pollution pourrait déjà avoir atteint un seuil préoccupant dans certaines zones de Durdeib, avec des conséquences potentielles sur la santé animale, l’agriculture et l’accès à l’eau potable des communautés locales.
Face à ces risques, les appels se multiplient en faveur d’un renforcement des contrôles, d’une régulation plus stricte des sites miniers et d’opérations de dépollution dans les zones affectées.
Au-delà du cas soudanais, cette situation illustre une tension récurrente sur le continent entre exploitation des ressources naturelles et préservation des équilibres environnementaux, dans des régions où l’or reste une ressource stratégique mais aussi controversée.
La Rédaction

