Plus de 430 000 doses interceptées, révélant l’ampleur d’un trafic pharmaceutique mondial alimenté par les réseaux criminels
Le Burkina Faso a procédé à la plus importante saisie de faux médicaments enregistrée en Afrique dans le cadre de l’opération internationale « Pangea XVIII », une vaste campagne de lutte contre la criminalité pharmaceutique coordonnée par Interpol.
Selon un rapport publié le 7 mai 2026, cette opération menée simultanément dans 90 pays entre le 10 et le 23 mars a permis de mettre au jour un trafic d’une ampleur mondiale, impliquant des réseaux structurés et des circuits transfrontaliers complexes.
Une saisie massive au Burkina Faso
Les autorités burkinabè ont intercepté plus de 430 000 doses de produits pharmaceutiques illicites, dont une part importante d’antibiotiques dissimulés dans des cargaisons de transport clandestin.
Cette saisie place le Burkina Faso en tête des opérations menées sur le continent africain dans le cadre de cette campagne internationale, illustrant à la fois l’ampleur du phénomène et l’intensification des contrôles dans la sous-région.
Un trafic mondial structuré et diversifié
À l’échelle mondiale, l’opération a permis la saisie de plus de six millions de doses de médicaments contrefaits ou non homologués, pour une valeur estimée à plusieurs milliards de francs CFA. Près de 270 personnes ont été interpellées et plus de 60 réseaux criminels démantelés.
Les produits saisis couvrent un large éventail thérapeutique. Les médicaments destinés aux troubles de la performance sexuelle figurent parmi les plus répandus, suivis des sédatifs, hypnotiques et antalgiques.
Selon les données d’Interpol, une part importante des marchandises interceptées est liée à des usages détournés dans les domaines du bien-être, du culturisme et de la perte de poids, révélant une évolution des marchés illicites vers des produits à forte demande en ligne et hors circuit médical.
L’Afrique confrontée à la contrefaçon de médicaments essentiels
Sur le continent africain, les saisies concernent principalement des médicaments essentiels : antibiotiques, antipaludiques et antidouleurs. Ces produits falsifiés circulent largement sur les marchés informels, alimentés par les difficultés d’accès aux soins et les systèmes de santé sous pression.
Dans plusieurs pays, des opérations similaires ont également été menées. En Côte d’Ivoire, une tonne d’ibuprofène contrefait a été interceptée, tandis qu’au Cameroun, des milliers de flacons d’antipaludiques et d’antibiotiques falsifiés ont été retirés de la circulation.
Un enjeu sanitaire et sécuritaire majeur
Les autorités sanitaires et policières considèrent désormais la lutte contre les médicaments contrefaits comme un enjeu de sécurité publique à part entière. Au-delà du risque sanitaire direct pour les populations, ces trafics constituent une source de financement pour des réseaux criminels transnationaux.
Interpol souligne que la sophistication des circuits de distribution, notamment via les plateformes numériques et les réseaux informels, complique considérablement la traçabilité des produits.
Une réponse internationale appelée à se renforcer
Face à cette menace croissante, les opérations coordonnées comme « Pangea XVIII » illustrent la nécessité d’une coopération internationale renforcée entre services de police, autorités sanitaires et douanes.
Pour les pays africains, où la demande en médicaments reste fortement dépendante du secteur informel, le défi consiste à renforcer à la fois les capacités de contrôle et l’accès à des médicaments sûrs et abordables.
La Rédaction

