Le Togo accélère ses ambitions énergétiques régionales. Le pays s’apprête à lancer les études techniques et environnementales du projet PRIME-GAS, un vaste programme soutenu par la Banque mondiale destiné à structurer un réseau régional d’approvisionnement en gaz naturel entre la Côte d’Ivoire, le Togo et le Bénin.
Derrière ce projet se dessine une stratégie plus large : sécuriser l’approvisionnement énergétique, soutenir l’industrialisation et renforcer les interconnexions gazières en Afrique de l’Ouest.
Le port de Lomé au centre du dispositif
Les premières orientations techniques placent le Port autonome de Lomé au cœur de l’architecture énergétique envisagée.
Parmi les infrastructures étudiées figurent des installations de réception et de stockage de gaz naturel liquéfié (GNL), destinées à alimenter aussi bien les futures centrales électriques que les activités industrielles.
Le projet prévoit également la mise en place d’un réseau national de transport et de distribution du gaz, avec un accent particulier sur les zones industrielles et portuaires.
Une connexion stratégique avec la Plateforme industrielle d’Adétikopé
Les études portent notamment sur un éventuel gazoduc reliant le port de Lomé à la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), considérée comme l’un des principaux pôles industriels du pays.
Ce corridor énergétique pourrait être accompagné du développement d’une centrale électrique au gaz d’une capacité estimée à 500 MW, destinée à soutenir la demande croissante en énergie industrielle.
Diversifier les sources d’approvisionnement régionales
Au-delà des infrastructures nationales, le Togo étudie aussi un renforcement de son raccordement au West African Gas Pipeline (WAGP), qui transporte déjà du gaz nigérian vers plusieurs pays de la sous-région.
Un nouveau gazoduc potentiel entre le Nigeria et le Togo figure également parmi les scénarios examinés afin de diversifier les flux d’approvisionnement et de réduire les vulnérabilités énergétiques.
Un projet sous forte surveillance environnementale
Classé à risque environnemental et social « élevé » par la Banque mondiale, le projet fait l’objet d’une Évaluation environnementale et sociale stratégique (EESS).
Cette étude devra identifier les corridors gaziers les plus adaptés tout en analysant leurs impacts potentiels sur les populations, les terres agricoles, les écosystèmes, la biodiversité et les infrastructures existantes.
Selon les documents techniques, les corridors envisagés pourraient s’étendre sur des bandes de 30 à 40 kilomètres afin de permettre des analyses détaillées des différents tracés possibles.
Une étude structurée sur plusieurs mois
L’évaluation initiale doit s’étendre sur environ vingt semaines et se dérouler en plusieurs étapes : cadrage institutionnel, identification des corridors potentiels puis publication des tracés retenus.
D’autres études spécialisées suivront ensuite, notamment sur les risques industriels, la sismicité, les effets du changement climatique, les impacts agricoles et la préservation de la biodiversité.
La Rédaction

