Une initiative régionale structurée face à l’insécurité en mer
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) franchit une nouvelle étape dans la lutte contre la criminalité maritime. Réunis à Lomé cette semaine, les ministres de la Justice de l’espace communautaire ont validé un projet d’acte additionnel destiné à renforcer la coopération juridique entre États membres.
La réunion, tenue jeudi 30 avril dans la capitale togolaise, était présidée par le garde des Sceaux du Togo, Me Pacôme Adjourouvi. Elle s’inscrit dans un effort plus large visant à adapter les outils juridiques régionaux à l’évolution des menaces en mer.
Un texte commun pour harmoniser la réponse judiciaire
Le projet d’acte additionnel, composé de vingt articles, ambitionne de doter les États membres d’un cadre juridique harmonisé pour mieux répondre aux activités illicites dans le Golfe de Guinée.
La zone reste exposée à une pluralité de risques : piraterie maritime, vols à main armée en mer, trafics transfrontaliers, pêche illégale non déclarée et atteintes à l’environnement marin. Ces phénomènes, souvent interconnectés, échappent en partie aux mécanismes nationaux isolés.
Renforcer la coopération entre juridictions nationales
Selon la CEDEAO, l’un des enjeux majeurs réside dans la fragmentation des systèmes judiciaires. Le texte vise ainsi à renforcer l’entraide judiciaire entre États, à clarifier les procédures d’extradition et à faciliter la circulation des informations et des preuves.
Pour Abdel-Fatau Musah, commissaire chargé des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité, cette initiative doit permettre une montée en puissance collective face à des réseaux criminels qui opèrent au-delà des frontières nationales.
Un enjeu sécuritaire aux implications économiques majeures
Au-delà du volet sécuritaire, la criminalité maritime pèse directement sur les économies de la sous-région. Le Golfe de Guinée constitue un axe stratégique du commerce international et régional, notamment pour les flux énergétiques et les échanges portuaires.
Les attaques en mer et les incertitudes sécuritaires entraînent une hausse des coûts d’assurance, des perturbations logistiques et une dégradation de la compétitivité des ports ouest-africains.
Lomé, plateforme diplomatique et sécuritaire régionale
En accueillant cette réunion ministérielle, Lomé confirme son rôle croissant de plateforme régionale de coordination sur les questions de sécurité maritime et de gouvernance juridique.
Cette position s’inscrit dans la continuité des efforts du Togo pour renforcer son rôle dans la stabilité du Golfe de Guinée, tout en consolidant la performance de sa plateforme portuaire, devenue un acteur logistique majeur dans la sous-région.
Une étape dans le processus décisionnel de la CEDEAO
Après validation au niveau ministériel, le projet d’acte additionnel sera soumis au Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO. Il s’agit d’une étape clé avant son adoption définitive dans l’architecture institutionnelle de l’organisation régionale.
La Rédaction

