Des manifestations ont éclaté dans plusieurs grandes villes de Madagascar durant le week-end pascal, sur fond de multiplication des coupures d’électricité qui touchent désormais une large partie du territoire. La situation ne se limite plus à la capitale, Antananarivo, et s’étend à plusieurs régions, alimentant une forte exaspération sociale.
Dans plusieurs localités, des habitants sont descendus dans la rue pour dénoncer la dégradation continue du service électrique et ses conséquences directes sur la vie quotidienne et les activités économiques.
Une contestation qui s’étend au-delà de la capitale
Initialement concentrées sur le Réseau Interconnecté d’Antananarivo, les perturbations électriques concernent désormais le nord, le nord-est et le sud du pays, ainsi que des villes comme Toamasina et Antsirabe.
Cette extension géographique du phénomène renforce le sentiment d’une crise structurelle de l’approvisionnement énergétique, avec des impacts visibles sur les services, les commerces et les infrastructures locales.
Une mobilisation sociale portée par les jeunes
Sur les réseaux sociaux, des groupes de jeunes, souvent désignés sous le terme de « génération Z », jouent un rôle central dans la mobilisation. Ils appellent à une réaction rapide des autorités face à la dégradation du réseau électrique et menacent de nouvelles manifestations si aucune solution durable n’est apportée.
Cette dynamique numérique se traduit progressivement par des mouvements de rue dans plusieurs villes, où les revendications portent principalement sur la continuité du service public de base.
Un contexte économique déjà fragilisé
Dans plusieurs régions, la situation énergétique vient aggraver des conditions économiques déjà difficiles, notamment dans les zones touchées par des intempéries récentes.
À Toamasina et dans les localités voisines, les coupures répétées perturbent la reprise des activités commerciales et industrielles. Dans le secteur de la restauration et du commerce alimentaire, les pertes sont importantes en raison de l’impossibilité de conserver les produits réfrigérés.
À Antsirabe, ville très fréquentée pendant la période des fêtes, les acteurs économiques locaux évoquent également des pertes liées à la dégradation des stocks et à la baisse de fréquentation.
Les autorités énergétiques sous pression
Face à la situation, la société nationale d’eau et d’électricité, la JIRAMA, affirme travailler à la remise en état progressive du réseau dans plusieurs zones. Des opérations de réparation et de renforcement des infrastructures sont en cours, notamment l’installation de nouveaux équipements électriques.
Les autorités promettent un retour progressif à la normale dans certaines localités, sans toutefois préciser de calendrier global de rétablissement stable du service.
Une crise énergétique aux répercussions politiques
Au-delà des difficultés techniques, la crise électrique alimente un climat de tension sociale plus large, dans un contexte où la population exprime une sensibilité accrue aux questions de services publics et de gouvernance locale.
Les mobilisations observées traduisent une attente forte de solutions structurelles, alors que les coupures répétées continuent d’affecter le quotidien de millions de personnes.
La Rédaction

