Commerce paralysé et familles séparées, un mois après le départ du M23
À Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, la population se trouve toujours dans l’attente de la réouverture de la frontière avec le Burundi, fermée depuis le retrait du groupe armé M23 il y a un mois. Si les tirs ont cessé, le quotidien reste profondément affecté, entre difficultés économiques et séparations familiales.
Une économie locale en suspens
Dans les allées du marché principal d’Uvira, les commerçants peinent à vendre leurs produits. La fermeture de la frontière bloque le flux habituel de marchandises et réduit considérablement les revenus. Pour beaucoup, cette situation devient insoutenable : « Nos activités sont au ralenti depuis des semaines, nous vivons dans l’incertitude », confie un vendeur local. La population appelle les autorités à trouver un équilibre entre sécurité et relance économique.
Familles séparées et détresse humanitaire
La fermeture affecte également la cohésion sociale. Plusieurs habitants ont des proches réfugiés au Burundi depuis les affrontements, notamment des enfants et des membres d’églises locales. L’éloignement prolongé crée angoisse et sentiment d’impuissance parmi ceux restés à Uvira. Certains ont tenté de traverser clandestinement le lac Tanganyika, affrontant de sérieux dangers pour rejoindre leurs familles.
Sécurité et prudence : le dilemme des autorités
Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, explique que la réouverture ne peut se faire sans garanties sécuritaires. Les forces hostiles restent présentes à proximité et toute précipitation pourrait compromettre le fragile retour au calme. Cette position souligne le dilemme des autorités : protéger la population tout en répondant aux besoins humanitaires et économiques urgents.
Traversées risquées et résilience
Parmi les habitants ayant tenté la traversée clandestine, certains ont mis leur vie en danger pour rejoindre des proches. Des jeunes comme Raphaël, 19 ans, ont traversé le lac de nuit sur de simples pirogues ou en s’agrippant à des bidons, avec des risques mortels. Cette situation illustre l’urgence d’une solution encadrée et sécurisée pour les flux transfrontaliers.
La Rédaction

