Le cœur du West End ne s’illumine pas par hasard. À quelques jours du début du Ramadan 2026 — attendu autour du 17 ou 18 février selon l’observation du croissant lunaire — le centre de Londres s’est transformé en vitrine symbolique du mois sacré musulman.
Pour la quatrième année consécutive, plus de 30 000 lumières LED habillent Leicester Square et les rues voisines. Au-dessus des passants, l’inscription « Happy Ramadan » s’affiche dans un décor inspiré de motifs géométriques islamiques. À l’approche de l’Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du jeûne, le message cédera la place à « Happy Eid ».
L’événement, financé par la Fondation Aziz, ne relève plus du simple décor saisonnier. Il inscrit le Ramadan — neuvième mois du calendrier hégirien, rythmé par le jeûne quotidien de l’aube au coucher du soleil — au cœur même du centre culturel et touristique britannique.
Une séquence politique assumée
Lors de l’inauguration, le maire de Londres, Sadiq Khan, a clairement donné à l’événement une portée civique. Dans un contexte européen traversé par la montée des tensions identitaires et des actes islamophobes, il a appelé les Londoniens à « montrer le meilleur de Londres, le meilleur de la Grande-Bretagne et le meilleur de l’islam ».
Son intervention dépasse la seule dimension religieuse. Elle s’adresse à l’ensemble des communautés — croyants de toutes confessions comme citoyens sans affiliation religieuse — en érigeant l’unité en réponse directe à « ceux qui sèment la division, la haine et la peur ».
Londres, vitrine du pluralisme britannique
Avec près d’un million de musulmans dans la capitale, le Ramadan structure la vie sociale, économique et spirituelle d’une part significative de la population. En choisissant le West End, épicentre du divertissement et du commerce, la municipalité transforme une pratique religieuse en événement urbain partagé.
Ce choix n’est pas neutre. Alors que plusieurs capitales européennes débattent encore de la visibilité religieuse dans l’espace public, Londres assume une stratégie d’inclusion visible. Le Ramadan n’est pas relégué aux quartiers périphériques ; il s’affiche au centre.
Plus tard, via le réseau social X, le maire a qualifié l’illumination de Piccadilly Circus de « moment de fierté », décrivant Londres comme « un phare d’espoir, d’unité et d’inclusion ».
Derrière les guirlandes lumineuses, l’enjeu est clair : à l’heure où les crispations identitaires structurent une partie du débat public européen, la capitale britannique choisit d’affirmer que la diversité religieuse fait partie intégrante de son identité contemporaine.
La Rédaction

